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Les Soeurs permettent l’Espérance quand tout semble perdu

Les Petits Sœurs Missionnaires de la Charité sont arrivées à Mandiavato il y a une dizaine d’années pour ouvrir une école et un collège dans cette région rurale à 3 heures à l’ouest de Tana.
430 enfants sont scolarisés. Une bonne partie des élèves habite trop loin pour faire le trajet chaque jour. Les familles louent des petites maisons où les enfants apprennent à se débrouiller toute la semaine, les plus grands s’occupant des plus petits. Sœur Marie Romaine est inquiète pour ces enfants pauvres dont la plupart ne mangent pas à leur faim. C’est pourquoi elle met beaucoup d’énergie à monter une cantine scolaire pour la période « de soudure » durant la saison des pluies, quand le riz vient à manquer.
Le lait que la Confédération Suisse donne depuis plusieurs années est une bénédiction pour les enfants à qui on distribue à la récréation du matin un bol de lait chaud. Malheureusement ce programme s’arrête, pour des raisons que je ne sais pas expliquer aux sœurs, les laissant sans alternative pour aider ces enfants. Difficile tâche pour l' »Ange Gardien » que je suis d’annoncer cette nouvelle après que les enfants m’aient offert spectacles, cadeaux et discours pour nous remercier du lait. Pourtant les sœurs restent joyeuses car elles mettent leur espérance en la Providence, certaines d’être dans la main de Dieu.
Justement la Providence intervient, grâce à la Fondation « Bien nourrir l’Homme » et un généreux donateur du RES qui acceptent de financer la création d’un potager. Celui-ci doit permettre de cultiver des haricots afin de fournir des légumes à la cantine des enfants. 800 m2 de terrain seront achetés par les sœurs, un jardinier sera embauché et un puits creusé. La première récolte est attendue pour la fin de cette année.
Les PSMC d’Andrambato, dans la banlieue de Tana, reprennent l’idée et nous demandent de financer un poulailler pour compenser la perte du précieux lait. Les bénévoles du RES devront relayer leur appel. Avec les sœurs, nous apprenons à simplement demander et faire confiance.
Toujours à Mandiavato, plus haut sur la colline avec une vue splendide sur les paysages de latérite et de rizières, le Maire a donné aux sœurs un terrain pour fonder une mission et construire une clinique. Depuis deux ans, le RES donne des médicaments de qualité grâce au programme Deerfield pour soigner les nombreux malades. Ceux-ci viennent de loin, à pied, en charrette ou en moto pour bénéficier du savoir-faire de Sœur Hilda, jeune médecin de 30 ans, passionnée par sa mission. Elle est débordée par des patients qui devraient être soignés à l’hôpital. Mais comment les renvoyer alors que la mauvaise route achève beaucoup de malades et que l’hôpital public ne soignent pas les familles pauvres, celles-ci ne pouvant acheter les médicaments et parfois graisser la patte du médecin.
Un généreux donateur du RES, soutenu par la start-up suedoise Innoventum, a financé pour cette clinique une tour de production d’énergie, combinant éolienne et panneaux solaires. Un projet difficile à mener du fait des tracasseries d’une administration des douanes corrompue. Mais je constate sur place les fruits de ce travail: Une énergie abondante au milieu de la brousse, la sécurité apportée aux sœurs la nuit, la capacité à soigner les urgences autrement qu’à la bougie. Et toujours le témoignage des sœurs qui force le respect et touche les cœurs.
En repartant de Mandiavato, un vieil homme nous confie une petite fille de 5 mois, Marinah. Sa mère est morte il y a quelques semaines et les hommes de cette famille pauvre, un grand-père, un oncle handicapé et un jeune homme de 14 ans ne peuvent pas s’en occuper. Sœur Marie Romaine contacte les sœurs de Calcutta qui tiennent un orphelinat à Tana et qui acceptent de la recueillir. J’assiste, le cœur brisé, à la séparation de cette famille. Je touche du doigt, très concrètement, l’extrême pauvreté. Je comprends que les sœurs n’arriveront pas à combattre seules cette grande misère mais qu’elles permettent l’Espérance quand tout semble perdu. La sœur me dit sur le trajet que le bienfaiteur est un signe de l’amour de Dieu. C’est surement cela l’essentiel de la mission du RES.
Gérald, Ange Gardien du RES à Madagascar
Visite Gérald Mai 2018

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