vangaindrano-l'hopital public

Isolés, abandonnés à leur sort

Ranomena est situé à 42 km de Vangaindrano. Cette petite bourgade campagnarde est reliée à la capitale régionale par une piste en très mauvais état. L’accès d’arrivée au village est si endommagé, détérioration provoquée par l’érosion de l’eau entre de gros blocs, que deux véhicules tout-terrain sont en réparation, bloqués sur place. Même les caïds de la moto ont des difficultés à franchir les obstacles, même sans passager, seuls sur leur engin.

Isolés, abandonnés à leur sort, les habitants de cette région sont pour la plus grande majorité très pauvres. Ils vivent principalement de l’élevage et de l’agriculture. Cette pauvreté extrême provoque malheureusement des débordements et des mauvaises conduites. Sœur Philomène, responsable de la Communauté, m’informe qu’une famille de huit personnes a été la proie des voleurs ; on les a dépouillés de tout, jusqu’à leurs vêtements. Elles se sont retrouvées intégralement nues dans la rue. Les voleurs de zébus font également légion dans la région et découragent les éleveurs à poursuivre leur gagne-pain.

Avant de quitter Vangaindrano, je me suis rendu à l’hôpital rendre visite à la fille sauvagement agressée par son ex-ami dans la nuit du 5 avril dernier. Ses graves blessures laisseront d’importantes cicatrices, mais ses jours ne semblent heureusement plus en danger. Les conditions de séjour sont difficiles ; huit patients occupent la même chambre, non ventilée, malgré la chaleur étouffante. Ce sont de simples lits et lorsque le malade alité n’a pas la force de se tenir assis, un membre de la famille se place dos à dos avec ce dernier. En sus du problème médical, le souci de beaucoup de familles pauvres, c’est de trouver l’argent nécessaire pour financer l’hospitalisation et les frais d’achat des médicaments. Il n’y a aucune assurance ; il faut emprunter. Il arrive que des usuriers demandent des taux d’intérêts exorbitants et la famille mettra des années à rembourser sa dette.

Belle semaine.

François

ranomena-soeurs-philomene pascaline et marie-therese

ranomena-soeurs-philomene pascaline et marie-therese

ranomena-la  maison d'accueil

ranomena-la maison d’accueil

Vangaindrano-Natacha victime d'une agression sur son lit d'hôpital

Vangaindrano-Natacha victime d’une agression sur son lit d’hôpital

Manantenina-des enfants pauvres mais souriants

La cloche de l’église sonne, c’est ici une tradition lors d’événements graves.

Bonjour à tous,

Rendre visite aux Sœurs Filles de la Charité à Manantenina est toujours particulier en raison de l’état de la route et le passage de cinq bacs. Malgré la restauration d’un premier tronçon, il faut tout de même 9 heures en moto pour parcourir les 158 km qui sépare ce village à Vangaindrano. Les Sœurs sont très appréciées dans ce village retiré et pauvre, en raison principalement des terres peu fertiles. La roche pointe souvent son nez en surface du sol. Depuis quelques mois, quatre familles très pauvres bénéficient de petites maisons en bois financées par les religieuses. Le petit dispensaire de la Communauté a une très bonne réputation. Sœur Véronique remercie infiniment RES pour l’envoi des médicaments.

La soirée dans cette petite bourgade est très calme avant que des pluies diluviennes tambourinent violemment sur les tôles, juste en dessus de la chambre de la Communauté que je partage avec le pilote de la moto, Raymond. Le retour vers Vangaindrano sur cette piste en terre détrempée s’annonce difficile. Après un départ retardé en raison d’une panne de moteur, la succession de grandes flaques d’eau sur la chaussée est impressionnante avec les pluies toujours aussi abondantes. La vitesse de croisière est plutôt lente jusqu’au moment où la progression s’arrête nette dans une mare de quelques 50 m2, profonde. La roue avant bloque dans le bourbier et nous voilà les deux en position horizontale dans cette eau trouble. Quelques petites égratignures insignifiantes, mais le moteur de la moto, mon appareil photo et mon portable n’ont pas trop apprécié la baignade !! La journée est terminée pour la moto qui sera chargée sur une rare camionnette qui passa par là. Cette piste est vraiment redoutée puisque le jour précédent seuls quatre véhicules nous ont croisés en neuf heures de trajet.

Raymond poursuit la route vers Vangaindrano en compagnie des sympathiques occupants malgaches de la camionnette alors que moi-même je m’arrête à Manambondro visiter le Centre des Sœurs Missionnaires de l’Evangile arrivée en ces lieux en 2013, suite au départ des Pères Diocésains. 250 enfants fréquentent l’école maternelle et primaire gérée par la Communauté. L’internat accueille 30 enfants orphelins issues de familles très pauvres. Sœur Sidonie remercie RES pour le financement des frais de scolarité de 15 élèves et pour des médicaments. Sœur Edia, infirmière diplômée, collabore étroitement avec le médecin de l’hôpital public dans l’attente d’une autorisation d’ouverture du dispensaire.

Il est deux heures lorsque l’on frappe à ma porte pour m’aviser qu’il y a des blessés à transporter à l’hôpital à Vangaindrano avec le véhicule du Père Johannes et que je peux l’accompagner. En fait, deux femmes victimes sont gravement blessées. La plus jeune, 21 ans, a quitter son compagnon qui a perdu la tête. Muni d’une machette, ce dernier la blesse profondément au cou et au bras, alors que la maman, accourt secourir sa fille, a les jambes tailladées de toutes parts et perd beaucoup de sang. Sœur Edia administre les premiers soins et pose une poche de Sérum à chaque victime. Ce petit hôpital ne possède pas de réserve de sang. La cloche de l’église sonne, c’est ici une tradition lors d’événements graves. Quelques 2 à 300 personnes entourent le véhicule 4×4 à son départ à 03.30 h. Les violentes secousses se succèdent sans interruption. « L’ambulance malgache » s’embourbe ; il faudra 15 minutes pour sortir du piège. Les gémissements des blessées sont bouleversants. L’aiguille reliant la poche de Sérum de la maman s’arrache sous l’effet des chocs. A mi-parcours, c’est la stupeur ; la maman vient d’émettre son denier souffle. Sa fille à ses côté implore « maman je t’aime, ne me quitte pas ». Il est 08.40 h., les portes de l’hôpital s’ouvrent après 58 km de calvaire.

Jamais un voyage ne fut si long et éprouvant émotionnellement.

La défunte, 39 ans, héroïne d’avoir protégé sa fille, fera son dernier voyage de retour en compagnie des anges.

François

manant-manambondro-4x4 malgache

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Manantenina-des enfants pauvres mais souriants

Manantenina-des enfants pauvres mais souriants

manantenina-une maison de pauvres financée par la communauté

manantenina-une maison de pauvres financée par la communauté

Manantenina-l'école publique

Manantenina-l’école publique

Manantenina-mon pilote raymond

Manantenina-mon pilote raymond

manantenina-le dispensaire du centre

manantenina-le dispensaire du centre

 

farafang-un pauvre lépreux

Retour à Madagascar – la pauvreté est grandissante

Chers amis(es)

Me voici à nouveau à Madagascar pour un séjour de deux mois. En continuels déplacements dans une grande partie de l’île (la 5ème plus grande au monde), le temps passe agréablement vite. Les malgaches sont sympathiques et accueillants malgré leur grande pauvreté (90% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté fixé à 1.5€/jour). Cette misère, alliée au chômage massif des jeunes particulièrement, est fâcheusement le terreau de vols et de violence en recrudescence.

Voici le résumé de quelques visites de Communautés que j’ai le privilège de rencontrer régulièrement sous l’égide du RES, « Réseaux des Entrepreneurs Solidaires » (www.entrepreneurs-solidaires.ch).

Comme dans toutes les Communautés, les religieuses de Farafangana Sacré Cœur s’occupent des pauvres venant frapper à leur porte. Ce n’est pas rare de payer les frais d’hospitalisation de malades démunis de tout, précise Sœur Odile. Sans argent, tu ne rentres pas dans un hôpital public. On a coupé le pied à un éleveur après lui avoir volé son troupeau. Cet homme a aujourd’hui tout perdu et se retrouve gravement blessé, sans argent. Heureusement pour lui, les Sœurs sont à ses côtés pour le soulager psychologiquement et financièrement. D’autres éleveurs et propriétaires fonciers, victimes de vols de leur troupeau et blessés, sont dans l’obligation de vendre leurs terres pour payer les frais d’hospitalisation. Ils ont tout perdu et certains quittent leur village pour aller grossir les rangs des démunis en ville. Ces violences et ces vols inacceptables, quelques fois perpétrés de connivence avec l’armée ou la police, ont non seulement des conséquences dramatiques pour les familles victimes, mais la rareté du lait local s’accentue encore en parallèle avec la disparition des attelages.

Le Centre d’Ambohigogo, situé à 34 km à l’ouest de Farafangana, est relié à cette ville par une piste en terre par endroit défoncée. Le dispensaire de la Communauté, dans ce petit village retiré, est très apprécié de la population régionale. De petites cases permettent l’hospitalisation de certains patients faibles et nécessitant un suivi médical. Les tuberculeux logent également dans une maison en bois proche du dispensaire durant leur traitement. Le confort y est par contre rudimentaire. Une simple natte sépare les planches des lits aux malades décharnés. Un devis pour l’achat de matelas est en préparation.

Moteur pétaradant et polluant, c’est toujours un moment particulier de se rendre à Tangainony en canot. L’alimentation du moteur en gasoil s’effectue par un tuyau bricolé relié à un jerrican pendu au plafond de l’embarcation alors que le refroidissement de l’engin est assuré par l’eau puisée dans le fleuve. Un jeune adolescent rempli régulièrement un autre bidon suspendu en dessus de la mécanique. Six litres d’eau /minute sont nécessaires pour garantir le bon fonctionnement du tout, ce qui représente environ 1’000 litres au terme de l’épopée de deux heure quarante cinq minutes.

La pauvreté est ici grandissante, m’explique Sœur Jacqueline, infirmière. Les femmes enceintes n’ont pas l’argent pour accoucher à l’hôpital et mettent au monde leur enfant à domicile. Dès qu’un problème survient, c’est souvent le drame et la maman laisse sa famille orpheline. Aujourd’hui, le dispensaire de la Communauté accueille 55 orphelins. Les médicaments de « Pharmacie Humanitaire Internationale » envoyés par RES sont d’un grand secours et Sœur Jacqueline me prie de transmettre ses remerciements à tous les acteurs de ces précieux dons.

Ce lundi de Pâques, les moteurs des canots font silence. C’est en pirogue que je regagne Farafangana. Il est 04.00 h., le ciel est étoilé avec une pleine lune, la pirogue glisse sur l’eau aux chants des oiseaux. L’air pur, le calme, la nature verdoyante, quoi de plus reposant ?

Au plaisir

François

 

PS : la poudre de lait suisse, gérée dans les pays destinataires par notre association et d’autres ONG, a sauvé des dizaines de milliers d’enfants et de malades depuis plus de cinquante ans. Malheureusement, notre gouvernement a décidé de stopper cette aide, de grande réputation internationale, en 2019. L’équivalent en valeur de ce précieux lait sera versé au PAM (Programme alimentaire Mondiale), grand organisme dont les frais généraux sont colossaux. RES ainsi que d’autres institutions d’entraide travaillent bénévolement. Comment comprendre une telle décision qui mettra en péril la vie de milliers d’innocents ?

Farafangana-tangainony-pont imposant démuni de ses barrières

Farafangana-tangainony-pont imposant démuni de ses barrières

Farafangana-transport de viande bio

Farafangana-transport de viande bio

Farafangana-tangainony-la machinerie du canot

Farafangana-tangainony-la machinerie du canot

 

farafangana-tangainony-les occupants du canot

farafangana-tangainony-les occupants du canot

Ambohigogo-un lit d'un tuberculeux

Ambohigogo-un lit d’un tuberculeux

ambohigogo-la maison des tuberculeux

ambohigogo-la maison des tuberculeux

Faraf.-Ambatoabo-distribution de riz aux pauvres

Faraf.-Ambatoabo-distribution de riz aux pauvres

manakara une maman et son bebe en attente du lait

Constamment à l’écoute des cris de détresse

Bonjours à tous,

Le voyage, pour parcourir en taxi-brousse les 495 km qui séparent Antananarivo à Manakara, a duré 17.00 h. Les pertes de temps ont été nombreuses aux arrêts lors de la formation de « colonnes » réunissant un grand nombre de véhicules à l’entrée des parcours désignés « zones rouges ». Cette façon de procéder augmente sensiblement la sécurité face aux dangers d’attaque de voitures par des voleurs.

En rentrant dans la cour de la Communauté des Sœurs Filles de la Charité à Manakara, c’est une cinquantaine de mamans pauvres accompagnées de leurs enfants qui attende la distribution du lait offert par la Confédération suisse. La fourniture de ce précieux aliment nutritif disparaîtra malheureusement totalement dès la fin de l’année en cours. Cette décision incompréhensible de l’Autorité helvétique est inquiétante pour l’avenir. « Beaucoup d’enfants et d’adultes dénutris ont été sauvés jusqu’ici grâce au lait » précise Sœur Emmérentienne, responsable de la Communauté. « Qu’adviendra-t-il de ces pauvres innocents dans la futur ? »

Les Sœurs  restent constamment à l’écoute des cris de détresse des laisser pour compte à l’image de cette maman de sept enfants abandonnée par son mari et atteinte de paludisme sévère. Les enfants sont âgés de 2 mois à 11 ans. La Communauté assure l’existence des enfants et règle les frais d’hospitalisation et de guérison de la maman. Durant ma visite, une autre jeune maman démunie a frappé à la porte après avoir marché douze kilomètres à pieds avec son enfant d’un an, gravement handicapé par un « bec de lièvre ». Le nourrisson est incapable de profiter du lait maternel. Cet état de fait provoque de fortes douleurs à la poitrine de la maman. Il faut agir vite précise Sœur Emmérentienne, car cette situation peut provoquer un cancer des seins. A cette heure tout est réglé : la maman sera hospitalisée et le bébé opéré dès que possible.

En raison de la fête couronnant la béatification de Lucien Botovasoa du 14 au 17 avril prochain à Vohipeno, j’ai modifié mon planning de voyage afin de ne pas entraver l’engagement considérable des religieuses de l’évêché pour cette manifestation exceptionnelle. En quelques mots qui était Lucien Botovasoa, né en 1908 et mort martyr (on lui a tranché sa tête) en 1947 . Il a vécu toute sa vie de laïc marié, père de famille, instituteur catholique, engagé à tout donner aux autres, comme un vrai apôtre de la charité et de la foi. Il fut « le juste, l’homme de la vérité et de la simplicité du cœur » comme le disent encore les gens de Vohipeno.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, Geneviève me relayera comme « ange gardien » de quatre Communautés des Filles de la Charité dans la région de Vohipeno à savoir ; Tanjomoha, Lucien Botovasoa, Andemaka M. Immaculée et Andemaka foyer enfants handicapés. Bon vent et beaucoup de plaisir à toi Geneviève.

Je passe actuellement faire mes adieux au Père Emeric et à toutes les religieuses de ces quatre Centres dont j’ai eu un énorme plaisir à partager leur joie et leurs difficultés durant six ans.

François

manakara une maman et son bebe en attente du lait

manakara une maman et son bebe en attente du lait

manakara preparation du lait

manakara preparation du lait

manakara-soeur emmerentienne la maman et son bebe

manakara-soeur emmerentienne la maman et son bebe

Manakara un bec de lièvre bien prononcé

Manakara un bec de lièvre bien prononcé

tanjomoha-gestion exemplaire du lait par soeur beatrice

tanjomoha-gestion exemplaire du lait par soeur beatrice

tanjomoha-confection de bancs pour la béatification de L Botovasoa

tanjomoha-confection de bancs pour la béatification de L Botovasoa

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Une rencontre marquante

Le père Effener est un prêtre diocésain, humble parmi les pauvres. Après avoir été vicaire de la cathédrale a gonaives et une formation de théologie morale en France, il est envoyé en mission dans une des villes les plus pauvres de la région de gonaives. Il s’occupe de la gestion de 2 écoles dont une est à 2h de marche pour les élèves. Bien sûr il manque de tout mais peut donner du lait trois fois par semaine grâce aux donateurs du RES.

Il me remet un dossier de demande de financement d’un bâtiment pour accueillir ses paroissiens, élèves et parents. Son projet très détaillé démontre le sérieux de cet homme de Dieu.

Lui-même vit dans une maison vétuste mais il pense d’abord à nourrir ses élèves, à faire des sanitaires digne de ce nom, et à payer la scolarité d’une centaine de familles.

Cet homme a donne sa vie pour Dieu et les plus pauvres, un exemple de gratuité et humilité.

 

Didier

 

Père Effner

Père Effner

 

Soeurs de St Joseph

785 bénéficiaires de soins et d’éducation pour faire grandir l’amour

Départ vers 5h30 du cap pour Gonaïves. Nous traversons la montagne sur une piste défonce.

Après avoir passé le col, une vraie route (la première que je rencontre depuis une semaine) nous descend jusqu’à gonaives.

J’arrive enfin chez les sœurs de st joseph l apparition, sur une colline en plein désert ou rien ne pousse. Le bidonville est sans doute l’un des plus pauvres que j’ai vu avec des murs de parpaings comme maison pour se protéger des scorpions et serpents. Tous ces familles se sont regroupées autour d’une manne providentielle, une communauté de 4 soeurs indiennes pour gérer une école, un centre de nutrition pour les bébés et mères, un centre orthopédique pour les handicapés.

Ces missionnaires sont passé par beaucoup d épreuves avec notamment une tornade en 2004 ou elles ont tout perdu mais st joseph les a toujours protégé. Aujourd’hui elles soignent, éduquent et nourrissent 785 bénéficiaires avec une force pleine de douceur et de joie.

Elles visitent des handicapés, nourrissent les bébés avec leur mère, font construire des maisons pour les plus pauvres (elles ont offert pour noël 3 maisons pour des familles avec handicapés qui vivaient dehors) et éduquent les enfants avec leurs parents. Une autre maison dans la ville propose une formation de couture avec un projet d offrir une machine pour que les femmes puissent vivre de leur production.

Leur charisme, faire naitre et grandir l’amour, comme saint joseph.

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Saint Joseph – Gonaives

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Ouanaminthe - mars 2018

Des enfants heureux d’être à l’école malgré tout.

J’ai vu aujourd’hui une communauté de Sœur ( 4) qui tient une école de 970 élèves avec rien.

Vous me direz que cela en fait une de plus et c’est la réalité.

L’institution salésienne est située à Ounaminthe près de la frontière avec saint Domingue. C’est donc une école très isolée accessible après 2h de route dans une zone marécageuse.

Les enfants ont souvent le ventre vide et les sœurs n’ont pas grand-chose  à leur donner, du riz avec un peu de bananes et du manioc issus du jardin, asséché par le soleil brûlant. Aucune aide humanitaire ne les soulage et 25% des élèves ne peuvent pas payer la scolarité.

Le bâtiment principal menace de s’écrouler et la moitié des salles n’ont pas l’électricité. Les cours d’informatique sont plus théoriques que pratiques {6 ordinateurs vétustes) et la bibliothèque ne contient que le nom. Bref le bilan fait peur mais les élèves sont impeccables et heureux d’être à l’école avec les  sœurs.

Ouanaminthe - mars 2018

Ouanaminthe – mars 2018

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Aidons les soeurs d’Haïti !

Cap  Haitien Mars 2018

Cap Haitien Mars 2018


Pour gagner Cap haïti Il faut prendre un petit avion qui survole montagnes déboisées et rivières asséchées. Sœur Venia m’accueille et nous partons pour l’école Marie auxiliatrice sur une piste entourées de déchets et bidonvilles

Arrivé dans le haut du cap, à flanc de montagnes, une surprise de choc m’attend, 900 élèves me souhaitent la bienvenue dans les chants, danses et  discours. Je réalise combien  le don de lait est important pour eux. C’est au total 1634 personnes qui prennent un verre de lait par jour, parfois comme seule nourriture de la journée car les sœurs ne peuvent donner un repas qu’au primaire.

C’est l’école la plus importante de la région avec comme seule aide le Res et quelques sacs de blé fournis par le PAM, tous les 2 mois.

Les 4 sœurs, filles de Marie auxiliatrice, gèrent à bout de bras l’école et le seul internat pour filles de la région. Sœur Venia me raconte que le gouvernement se plaint même de l’absence des religieuses dans certaines villes sans école.

Il reste 3 mois de stock de lait et les filles de l’internat prient tous les soirs.

La nourriture bien sûr est le premier besoin mais il faut aussi changer les vieux livres de la bibliothèque, les ordinateurs sont vétustes et l’eau n’est pas potable. Il manque aussi un grand bâtiment pour faire des réunions ou spectacles mais le budget serré de 300k€ permet juste de payer le scolarité à 400 élèves.

Ces 4 Sœurs sont admirables mais parfois épuisées par cette tâche immense. Sœur Myrlene, directrice de l’école, enchaine après ses journées bien remplies, la pastorale pour les we, c’est leur travail me dit elle mais avec du soutien c’est moins lourd. Aidons les !

THomazeau

Les héros de la charité – Visite à Haïti

Départ pour Thomazeau avec Edzer, un diacre de 33 ans qui est venu me chercher à Point à pitre.

Après avoir traversé une partie de la capitale nous nous engageons très vite sur une piste défoncée.

Le décor depuis le départ n’est que misère et désolation avec une multitude de gens dehors qui cherche de quoi manger ou gagner quelque monnaie.

Nous arrivons à Thomazeau pour entrer à l’école Ste Anne tenue par 2 prêtres lazaristes et un diacre.

Ici les religieux s’occupent de l’éducation de 300 jeunes de 12 à 18 ans, du social, de la santé et nourrissent même les élèves qui n’ont souvent qu’un repas par jour.

Ils n’ont presque rien à donner, un peu de lait en poudre et de temps en temps du riz avec du thon.

De plus l’eau non potable doit être rendue buvable avec l’ajout de chlore et l’électricité manque parfois.

Enfin, les 25 professeurs ne peuvent pas toujours être payés car les parents sont dans la grande pauvreté.

L’école est pourtant un havre de paix dans cet environnement de bidonville. Tous les élèves ont un uniforme impeccable, c’est leur fierté bien qu’ils aient l’air fatigué..

Le père Dominique se bat chaque jour pour trouver de nouvelles ressources et venir en aide aux plus démunis. De temps en temps il monte dans une ville plus haut dans la montagne pour apporter de l’eau et de la nourriture. Il fait construire une église et une école, là ou les hommes, femmes et enfants sont réduits à des déchets, ayant perdu toute dignité.

Le père Dominique Destiné et tous les missionnaires sont des héros de la charité, là où le gouvernement et forces vives de la nation ont abandonné les leurs.

Didier

Dieu est avec eux. On a crevé sur la route du retour devant un réparateur de pneus, au milieu de l’enfer..

Thomazeau

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Moramanga-Ankazobe-petit groupe d'enfants orphelins

De grands coeurs

Bonsoir à toute et tous,

Ce qui frappe toujours, en arrivant à l’hôpital des Sœurs Petites Servantes du Sacré Cœur de Jésus à Moramanga, c’est la magnifique verdure entretenue avec professionnalisme par les jardiniers du Centre. Des milliers de plantes arboricoles, arbustives, buissonnantes, florales décorent le complexe hospitalier. De plus, un grand nombre d’arbres fruitiers et un potager permettent de récolter des fruits ainsi que des légumes frais pour le bonheur des patients. Les promenades, au calme, le long des allées à chacune unique de par leurs diversités, permettent aux lépreux, aux tuberculeux, aux malades convalescents de récupérer des forces physiques et mentales gracieusement.

Tous les malades n’ont pas la même chance à l’image de Francia, 16 ans, en fin de vie suite à des complications rénales et sanguines. Comment accepter de quitter ce monde si jeune ? Francia a décidé de demander d’être baptisée et de remettre son âme aux mains de Dieu.

La menuiserie du Centre, très bien équipée et organisée, occupent 13 menuisiers. Cette structure financièrement bénéficiaire permet d’équilibrer le budget du Centre hospitalier et de la Communauté. Socialement, offrir des emplois dans ce pays au nombre incalculable de chômeurs sans revenus, permet aux familles de ces ouvriers de vivre décemment.

 Chez les Sœurs Petites Filles du Sacré Cœur de Moramanga, 110 enfants orphelins ou issus de familles monoparentales très pauvres gambadent, pour la plupart pieds nus, dans la cour de la Communauté. En fait, seuls trois enfants ont encore leur papa qui ne les ont pas quittés.

Fabrio a été abandonné par ses parents à l’âge de deux ans. Il dormait dans le marché, puis devant la cathédrale où une Sœur l’a repéré et l’a emmené à la Communauté. Après quelques semaines, ce petit garçon a été confié à une famille unie. A la maison comme à l’école, cet enfant intelligent était très indiscipliné et fuguait régulièrement pour dormir au marché. A quatorze ans, il a été frappé à la porte du séminaire dans le désir de devenir prêtre. Mais ses démons ne l’ont pas si vite abandonnés et partait encore régulièrement dans le cadre de vie de sa petite enfance. A présent, il gagne un peu d’argent en portant de l’eau ou des bagages. Son argent non utilisé pour manger, il le porte aux Sœurs qui le place en épargne. Ici à la Communauté, il a trouvé son « nid » et sa maturité va grandissante.

Sœur Gemma, responsable de la Communauté, a encore beaucoup d’histoires tristes et touchantes d’enfants abandonnés, accueillis dans leur Centre. Cette Congrégation est pauvre, mais son accueil, son cœur est grand. Chaque matin un verre de lait et un peu de pain attendent ces jeunes comme à midi du riz à la cantine scolaire. RES est là pour les soutenir.

Moramanga parc de l'hopital

Moramanga parc de l’hopital

Moramanga-Francia 16 ans en fin de vie

Moramanga-Francia 16 ans en fin de vie

Moramanga Atelier de menuiserie

Moramanga Atelier de menuiserie

Moramanga pas d'hierbicide

Moramanga pas d’hierbicide

Moramanga entrée de l'hopital

Moramanga entrée de l’hopital

Moramanga-Ankazobe-petit groupe d'enfants orphelins

Moramanga-Ankazobe-petit groupe d’enfants orphelins

Moramanga-Ankazobe-Sr Gemma-Sr Victorine et une petite orpheline

Moramanga-Ankazobe-Sr Gemma-Sr Victorine et une petite orpheline

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