Marana - lépreuse tricoteuse courageuse

L’expérience des soeurs pour soigner les plus démunis et les lépreux

Bonjour à tous,

La maison des Sœurs Filles de la Charité à Fianarantsoa Manantenasoa subit une importante rénovation. L’étage supérieur a été démoli, abimé qu’il était en raison de sa vétusté et la présence d’inquiétantes fissures dans les murs. Les religieuses se contentent, provisoirement, de vivre sans confort dans un édifice annexe.

Sœur Juliette, infirmière diplômée, est arrivée ici voici quelques mois après avoir œuvrée plusieurs années à Bekily, dans la région aride du sud de l’île. La Communauté collaborait anciennement avec  le personnel d’un hôpital public de Fianarantsoa. Aujourd’hui, Sœur Juliette gère le Centre médical social diocésain, bénéficiaire d’une autorisation d’ouverture délivrée par le Ministère de la Santé. Ce Centre remplit donc dorénavant les exigences pour bénéficier des médicaments de « Pharmacie Humanitaire Internationale » (PHI). Les dossiers sont remplis en conséquence.

L’avenir de la Congrégation est assuré ; huit jeunes filles sont ici en formation dans le but de coiffer un jour le voile et de consacrer leur vie pour les plus démunis.

En rendant visite aux Sœurs St Joseph de Cluny à l’hôpital des lépreux de Marana, j’ai rencontré Danny, un jeune homme discret, actuellement en première année de lycée. Il est là proche de la cathédrale pour tenter de gagner quelques sous en tant que guide dans la vieille ville de Fianarantsoa. Son père a abandonné la famille sans laisser de traces et sa maman travaille comme femme de ménage. Elle gagne 50’000 Ariary/mois soit environ 13 €. Le coût de la scolarité de Danny s’élève à 30’000 Ariary/mois alors que prix du kilo de riz atteint 1’700 Ariary. Comment survit cette famille de trois enfants dans de telles conditions ?

Aujourd’hui, deux couples se présentent à l’hôpital des lépreux pour un diagnostic de leur enfant. Marie Odile, 20 ans et Julien, 13 ans présentent de graves anomalies sur leur peau. Sœur Sabine, infirmière diplômée expérimentée dans le domaine, n’émet aucun doute ; c’est la lèpre. Il faut rapidement débuter le traitement qui durera un an, ici en ces lieux. Julien est en larmes au départ de ses parents. Les religieuses l’entourent avec amour et le rassure. Malgré la gravité de cette maladie encore trop présente provoquée essentiellement par la malnutrition, le manque d’hygiène et la promiscuité (jusqu’à 10 personnes vivent dans 2 minuscules pièces), l’ambiance est ici remarquablement positive, familiale.

Comme chaque année, je me rends dans la propriété forestière de la Communauté d’une superficie de 95 hectares en compagnie de Sœur Odette et de leur fidèle collaborateur. Tous deux sont très intéressés par la forêt et posent beaucoup de questions. Les travaux d’exploitation programmés l’an passé ont été réalisés conformément aux instructions. Le résultat est remarquable et le rajeunissement naturel pointe déjà son nez. Exploiter judicieusement ce beau massif forestier apporte que des avantages : financiers, sociaux (procure des emplois) sylvicoles (assure l’équilibre et la pérennité des peuplements).

Belle semaine

François

Fianarantsoa - la maison des soeurs en restauration

Fianarantsoa – la maison des soeurs en restauration

 

Marana-Rija13 ans apprend à l'instant que la lèpre l'a rattrapé

Marana-Rija13 ans apprend à l’instant que la lèpre l’a rattrapé

Marana - Four suisse économe en bois

Marana – Four suisse économe en bois

Marana - Marie Odile 20 ans lépreuse

Marana – Marie Odile 20 ans lépreuse

Marana - Soeur Sabine en possession du livre d'Edouard

Marana – Soeur Sabine en possession du livre d’Edouard

Fianarantsoa - Jeunes filles en formation pour devenir religieuse

Fianarantsoa – Jeunes filles en formation pour devenir religieuse

Fianarantsoa - Soeur Juliette

Fianarantsoa – Soeur Juliette

 

 

Andoaranofotsy-la maison des soins

Patience, Passion, Amour pour les enfants défavorisés

Tout d’abord, ce sont de vifs remerciements adressés à RES pour l’envoi du lait et du matériel scolaire. Le Centre d’Andoaranofotsy, situé dans un quartier pauvre de la capitale est dans l’incapacité financière d’acheter du lait, pourtant si bénéfique à ces jeunes en difficultés.

Cette Communauté de Notre Dame de la Salette, gérée par quatre Sœurs et trois postulantes, accueille une quinzaine de jeunes handicapés mentaux dans son Internat. De plus, 50 enfants  avec les mêmes handicaps fréquentent l’école du Centre. Comment ne pas admirer le travail quotidien des religieuses fait de patience, de passion, d’amour pour ces enfants dans le besoin abandonnés par la société. Après différentes formations, Sœur Charline s’est spécialisée dans les massages médicaux adaptés aux handicaps. Chaque enfant sous ses ailes a la chance de profiter de ces actes médicaux réparateurs gratuits.

Malgré la pauvreté de cette Communauté, les frais de scolarité, d’achat de matériel scolaire sont à la charge de cette dernière, les enfants étant orphelins, abandonnés de leur famille ou originaires de milieux défavorisés. L’aide précieuse de RES pour le matériel scolaire est d’un grand secours.

Il ne faut pas être pressé pour se déplacer dans cette ville d’Antananarivo durant la journée. Un demi-jour a été nécessaire pour me rendre à la périphérie, au « Silo National des Graines Forestières » (SNGF), et retourner au centre dans d’interminables embouteillages. La pollution de l’air dépasse également toutes les normes acceptables engendrée par nos vieux « tacos » que nous exportons depuis nos pays « développés » ..! Le but de cette visite est d’acquérir des graines d’essences forestières indigènes, précieuses écologiquement et financièrement, afin de diversifier et d’enrichir les forêts (95 ha), propriétés de la Communauté des Sœurs Saint Joseph de Cluny à Marana Fianarantsoa.

Madame Eveline, Directrice de l’Enfance, que j’ai eu l’opportunité de rencontrer, m’a montré toute sa détermination à faciliter l’acquisition des lettres d’agrément. Elle m’a prié d’encourager les Sœurs à obtenir cet important document et de lui transmettre la liste de toutes les Communautés que RES soutient en mentionnant les Centres qui sont déjà en possession de ce papier.

….et voilà que le périple malgache s’achève pour retrouver le nid familial demain soir vendredi.

Amitié

François

Andoharanofotsy-tana-quelques handicapés mentaux de l'internat

Andoharanofotsy-tana-quelques handicapés mentaux de l’internat

 

Andoaranofotsy-la maison des soins

Andoaranofotsy-la maison des soins

Andoaranofotsy-soeur supérieure charline

Andoaranofotsy-soeur supérieure charline

andoharanofotsy-tana-centre avec internat maison rouge

andoharanofotsy-tana-centre avec internat maison rouge

 

Tandrokosy 4 salles de classe

« Il faut du temps et de la patience »

Progressivement, le dispensaire de Mahabo géré par les Sœurs Petites Servantes du Sacré Cœur de Jésus, inauguré en 2014, prend de l’importance. Jusqu’ici à Mahabo, petite ville d’environ 40’000 habitants située à 45 km à l’est de Moronda, il n’y avait qu’un petit hôpital public. Les gens pauvres n’avaient pas les moyens financiers pour payer des soins et des médicaments à l’hôpital. Chez les religieuses, tout le monde a accès aux soins. Pour les plus démunis, me dit Sœur Marie Emma Supérieure de la Communauté, nous utilisons les médicaments offerts par RES et Pharmacie Humanitaires internationale. Un grand merci pour ce précieux soutien. Aujourd’hui, c’est le jour de vaccination pour les bébés et pour les femmes enceintes. « Il faut du temps et de la patience » déclare encore Sœur Marie Emma, pour convaincre la population de l’importance des vaccins. A présent ils sont là, toujours plus nombreux à nous faire confiance.

Les accouchements s’effectuent encore régulièrement chez des matrones. Lorsque des difficultés surviennent, les mamans y laissent souvent leur vie, laissant derrière elles des orphelins, toujours plus nombreux. Les tuberculeux sont également en augmentation. Cela s’explique du fait de la diminution drastique des bœufs d’attelage, sauvagement volés à leur propriétaire. Les gens, sous la crainte, dorment mal et sont contraints de remplacer les bêtes pour les labours. La fatigue aidant, liée à un déséquilibre alimentaire, provoquent cette maladie pulmonaire grave, longue à traiter.

Je ne peux rencontrer Monseigneur Marie Fabien, actuellement en mission dans la capitale, mais j’ai l’opportunité de visiter deux petites écoles en bois à Tandrokosy, village de brousse situé à 15 km de Morondava. « Coup de Pouce », association de jeunes volontaires, a œuvré ici à la construction de quatre salles de classe, grâce à l’appui financier de RES. Frères Jean Rolland est très satisfait du travail réalisé. Malheureusement un cyclone à arraché la couverture du toit en feuilles de palmier. Aujourd’hui, des tôles d’occasion remplacent l’ancienne couverte. « Nous n’avions pas les moyens financiers pour couvrir à neuf ces bâtiments, mais nous avons eu l’opportunité de récupérer les tôles d’une ancienne église, détruite par les vents cycloniques, précise Frère Jean. Cent quatre-vingt élèves profitent de cette nouvelle infrastructure, enfants qui autrefois demeuraient analphabètes, pour la majorité d’entre eux.

Ici le problème, à Bemanonga chez les Sœurs de Notre Dame de la Salette et dans toute la région, c’est l’eau. Des rizières se sont asséchées suite à la succession d’années de sécheresse. Il en est de même avec le tarissement des puits ; le niveau de la nappe phréatique a baissé de façon conséquente. Il faudra approfondir les puits et les forages, et cela coûte cher. Ceci a pour conséquences un appauvrissement de la population. Beaucoup de parents ont des difficultés à payer les frais de scolarité ainsi que le matériel scolaire. Gageons que les années à venir rétablissent à nouveau l’équilibre hydrique d’antan.

Bon dimanche et belle semaine

François

Mahabo dispensaire

Mahabo dispensaire

Mahabo Soeur Supérieure Marie Emmanuelle

Mahabo Soeur Supérieure Marie Emmanuelle

Tandokosy - salle de classe en bois construite par Coup de pouce

Tandokosy – salle de classe en bois construite par Coup de pouce

Tandrokosy 4 salles de classe

Tandrokosy 4 salles de classe

Tandrokosy Frère Jean Roland

Tandrokosy Frère Jean Roland

Bemanonga la maison des Soeurs et des aspirantes

Bemanonga la maison des Soeurs et des aspirantes

Bemanonga Soeurs Miriame et Félicitée Geneviève

Bemanonga Soeurs Miriame et Félicitée Geneviève

Bemanonga - D'imposants baobabs dans la cour de la Communauté

Bemanonga – D’imposants baobabs dans la cour de la Communauté

Antsalova-soeur lucienne et le précieux lait RES

Ici, il est préférable d’être riche et en bonne santé.

Bonsoir tout le monde,

Le voyage en taxi-brousse, Tsiroanomandidy-Antsalova, dure 3 jours au minimum ; grâce au petit avion de François Xavier Mayer, dit Fifou, mis gracieusement à ma disposition, le même trajet a duré une heure. Survolé le pays en cette fin de saison des pluies est magnifique, tout est dans les tons de vert selon la maturité du riz et des végétaux. Dans quelques semaines, les terres noircies par les feux de brousse prendront malheureusement la place des paysages verdoyants. Cette tradition des brûlis perpétrée le plus souvent par les éleveurs afin de régénérer les herbages,  appauvrit en fait cruellement les terres, et n’est pas prête de s’éteindre.

Antsalova, petite bourgade de quelque 3’000 habitants, située sur la côte ouest de l’île à 750 km de la capitale, est isolée de tout. Le prix des produits régionaux, comme la viande, est convenable. Par contre, toutes les denrées étrangères à la région, à l’exemple des légumes, sont très chères. Le prix d’un kilo de poudre de lait en pharmacie coûte 50’000 Ariary (13€), l’équivalent d’un salaire mensuel d’une lavandière ou d’une femme de ménage. En 2013, lors de mon arrivée en ces lieux, m’explique Sœur Lucienne, supérieure de la Communauté, le prix du litre de lait local s’élevait à 300 Ariarys ; aujourd’hui, ce même litre s’acquiert à 4’000 Ariarys. Les voleurs de zébus, très nombreux dans cette région, en sont la cause. Merci à RES pour l’offre de médicaments et de lait qui « valent de l’or ». L’insécurité est grandissante ; pour la première fois de mon existence, j’ai un garde du corps qui me suit à la trace, l’avion est protégé par quatre policiers armés.

Ici, il est préférable d’être riche et en bonne santé. Il n’y a ni hôpital, ni médecin, ni ambulance ; en cas de maladie ou d’accident grave, la mort vous attend inexorablement. Le mérite des Sœurs, toujours proches des démunis malgré les dangers, est édifiant.

Belle fin de semaine

François

PS : la nuit fut cruelle à Antsalova. On m’apprend ce matin, avant mon départ en avion vers Morondava, qu’un père et son fils, propriétaires de zébus, ont été tués par balles alors que trois autres personnes sont grièvement blessées, attaquées qu’elles ont été à l’arme blanche. Un carnage pour le vol de sept zébus.

tsiroanomandidy-antsalova vue d'avion

tsiroanomandidy-antsalova vue d’avion

Antsalova les soeurs ursulines en compagnie du pilote-mikaya

Antsalova les soeurs ursulines en compagnie du pilote-mikaya

Antsalova-soeur lucienne et le précieux lait RES

Antsalova-soeur lucienne et le précieux lait RES

Antsalova en compagnie des filles de l'internat

Antsalova en compagnie des filles de l’internat

Antsalova sur le sentier d'accès à l'aérodrome en compagnie de mon garde du corps armé

Antsalova sur le sentier d’accès à l’aérodrome en compagnie de mon garde du corps armé

antsalova-le pilote mikaya et les gardes de l'avion

antsalova-le pilote mikaya et les gardes de l’avion

Antsalova-morondava-paysage idyllique

Antsalova-morondava-paysage idyllique

Ecole

A Mbar, les sœurs sont dans la joie et la confiance, un ange gardien passera…

 

Les sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie à Mbar, village de brousse isolé, donnent leur vie pour les pauvres à travers 4 œuvres : une école primaire avec Sœur Bicé (photo de droite), un foyer de jeunes filles avec Sœur Marie Emilie, un pensionnat pour les filles du primaire avec Sœur Catherine et un poste de santé avec Sœur Cécile Anna.

Soeur Cécile Anna

Soeur Cécile Anna

Soeur Catherine

Soeur Catherine

Elles donnent de l’amour, de la joie, du réconfort, des sourires avec une générosité débordante, elles donnent « un cœur de mères ».

Difficile pour elles de demander de l’aide, leur vie est d’aimer. Elles ont confiance dans la vie, elles savent qu’un ange gardien veille sur les personnes qui leur sont confiées…

  

 

 

Maison des sœurs de Mbar

 Nous avons été frappées cependant par la grande pauvreté de leurs œuvres… et en observant, en écoutant… leurs besoins sont évidents.

maison-des-soeurs-de-mbar

 

 

Village de brousse sous la responsabilité du poste de santé de Mbar.

Village de brousse sous la responsabilité du poste de santé de Mbar

Village de brousse sous la responsabilité du poste de santé de Mbar

L’école primaire accueille 160 élèves, enfants de la brousse, du CI (équivalent GS) au CM2 sans distinction de religions, de moyens, de niveau.

Sœur Bicé se débrouille… l’école au quotidien fonctionne en autonomie mais les bâtiments nécessiteraient un coup de neuf et un entretien régulier.

Le poste de Santé tenu par Sœur Cécile Anna à 10km de piste de Mbar polarise 10 villages. Combattre la malnutrition est la priorité : lors de notre visite, une maman malade accompagnée de sa mère est venue présenter ses jumeaux d’un mois très maigres, elle était désemparée. Les sœurs n’ont pas les moyens d’acheter du lait, cette maman non plus…. Du lait infantile disponible pour des situations extrêmes sauvera des vies !

Le pensionnat tenu par Sœur Christine termine ses travaux avec un étage supplémentaire pour améliorer le confort des filles. Le foyer de Sœur Marie Emilie est en bon état également, 3 ordinateurs portables en plus faciliteraient les recherches des jeunes filles.

Ecole

Ecole

tsiroanomandidy-les soeurs et les aspirantes sur leur champ à la pause de midi

Une grande générosité pour permettre aux plus pauvres de devenir autonomes.

Bonsoir à toutes et tous,

Nonante deux kilomètres de pistes en terre séparent Tsiroanomandidy  à Ambalanirana, grand village campagnard d’environ 7’000 habitants. En temps sec comme actuellement, la moto est le moyen de transport rapide est idéal, sauf que mon pilote inexpérimenté m’a tout de même réservé deux chutes, sans gravité heureusement. Quelques bonnes courbatures qui passeront bien vite.

Dans cette bourgade sans électricité, loin de tout, les gens pratiquent principalement l’agriculture et l’élevage. Quelques personnes gagnent de petits salaires en pratiquant la pêche, à l’image de cet homme veuf, père de neuf enfants. Là encore, les Sœurs Ursulines offrent leur générosité pour accueillir les enfants aux repas de midi, payer leur scolarité ainsi que le matériel scolaire. Sœur Marie Madeleine, responsable de la Communauté, attend l’opportunité d’acheter un peu de terrain cultivable pour permettre à cette famille, et d’autres encore dans le besoin, de cultiver quelques denrées alimentaires et de gagner ainsi un peu d’autonomie.

Les Sœurs ne se plaignent pas malgré leurs conditions de vie difficiles. Beaucoup de travail avec l’accueil de plus de 900 élèves, l’organisation d’une cantine scolaire, la gestion d’un atelier de promotion féminine, l’enseignement de la catéchèse à quelque 600 enfants et adultes. Et puis des soirées pas si attrayantes ; pas de journaux, pas de télévision, des lampes, reliés à des panneaux solaires défectueux, qui perdent progressivement de leur intensité pour s’éclipser à 20 h. L’argent manque pour réparer le véhicule de la Communauté, « sur les plots » depuis 3 mois.

Un projet de restauration de l’installation des panneaux solaires est actuellement en cours. Merci infiniment à RES pour l’offre de son lait.

Les Sœurs Ursulines de Tsiroanomandidy sont également limitées dans leur budget financier. Leur vieux véhicule tout-terrain est en panne depuis un an, les réparations coûtent trop chères. Il faudrait un nouveau véhicule, mais l’argent manque. Seules deux religieuses étrangères de la Congrégation sont encore présentent à Madagascar : les Sœurs malgaches ont elles, plus de difficultés à s’entourer de bienfaiteurs.

Pourtant, le découragement n’est pas de mise. Aujourd’hui 1er mai, jour férié, trois Sœurs et dix aspirantes sont aux champs, pour travailler sur un terrain cultivable de 1.66 ha que la Communauté a acquis dernièrement à un prix préférentiel (3’000’000 Ariary ou 800 €). Le revenu des récoltes permet de gagner en autonomie et de former des jeunes aux travaux maraîchers.

Grâce à François-Xavier (Fifou) et à son équipe, j’aurai la chance de voyager vers Antsalova via Morondava en avion. La difficulté a été de s’assurer du bon état de la piste de l’aérodrome d’Antsalova. Il y avait de grandes herbes, aucun avion n’a atterri là-bas depuis janvier dernier.

Amitié

François

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ambalanirana-soeur Supérieure Marie madeleine

tana-tsiroanomandidy-rizières avec différents taux de maturité

tana-tsiroanomandidy-rizières avec différents taux de maturité

tsiroanomandidy-soeur supérieure suzanne sur leur champ après la récolte du riz

tsiroanomandidy-soeur supérieure suzanne sur leur champ après la récolte du riz

tsiroanomandidy-les soeurs et les aspirantes sur leur champ à la pause de midi

tsiroanomandidy-les soeurs et les aspirantes sur leur champ à la pause de midi

tsiroanomandidy-une belle récolte de riz séchée au soleil

tsiroanomandidy-une belle récolte de riz séchée au soleil

tsiroanomandidy-maison de pauvres en terre

tsiroanomandidy-maison de pauvres en terre

ambalanirana-village d'environ 7000 habitants

ambalanirana-village d’environ 7000 habitants

Antsirabe-fch-soeur-noeline-martine et delphine handicapées des jambes

Trouvons 1300 euros pour offrir une vie décente à 2 orphelines !

Actuellement, une trentaine de jeunes reçoivent quotidiennement des soins aux Centre de rééducation pour enfants handicapés à Antsirabe géré par les Sœurs Filles de la Charité. Martine et Delphine, jumelles, orphelines, 13 ans, sont ici depuis 3 ans. Leur maman est décédée et leur papa, pauvre, s’occupe de ses trois autres enfants en brousse. Cette durée est anormalement longue en raison de la fragilité extrême des os des jambes de ces deux adolescentes ; les ruptures se succèdent l’une après l’autre. Quel est l’avenir de ces deux sœurs sans intervention médicale ? Le médecin propose l’implant de « clous télescopiques » à chaque jambe. Le problème, c’est le prix de l’intervention qu’ici personne ne peut assumer. Chaque « clou » coûte 850’000 Ariary alors que les frais hospitaliers (équipe médicale, bloc opératoire) s’élèvent à 1’600’000 Ar., soit au total 5’000’000 Ar. (1’300€). L’espoir demeure de trouver les fonds nécessaires pour offrir une vie décente à ces deux orphelines.

Sœur Noëline remercie chaleureusement RES pour l’envoi du lait, ce lait si important pour ces jeunes enfants handicapés en traitement. Les vingt cartons ont été facturés 400’000 Ar. par ECAR, argent précieux pour cette Communauté qui gère un budget très serré.

Sœur Bernadette est la nouvelle responsable du grand Centre des Ursulines à Andraïkiba, village situé à 7 km d’Antsirabe. En effet, plus de 1’300 enfants et étudiants fréquentent les écoles gérées par les religieuses ; école primaire, secondaire, lycée enseignement général et lycée agricole. La catéchèse est enseignée à 1’100 enfants et adolescents alors que 24 aspirantes suivent leur cursus en ces lieux.  Chaque jour, 100 enfants issus de familles très pauvres mangent à la cantine scolaire. Le riz, aliment de base, est consommé à raison de 150 kg/semaine, ce qui représente une part importante du budget de la Communauté. Le jardin potager est vaste et bien entretenu par un jardinier, les Sœurs ainsi que les aspirantes. Cet « auto-approvisionnement » nous aide beaucoup financièrement, me confie Sœur Bernadette. L’entretien des bâtiments est également un souci permanent. La peinture des façades est à renouveler tous les 3 à 5 ans.

Il y a quelques mois, le Père Emeric, présent depuis de très nombreuses années à Madagascar m’informait : « il ne faudrait jamais crépir et peindre les murs, laissé la brique rouge telle qu’elle, naturelle ». La preuve est bien là : des édifices en briques rouges de plus de 40 ans sont toujours magnifiques, sans frais d’entretien jusque là. A bon entendeur….

Un chaleureux merci à RES pour l’achat d’une charrette à Zébus facilitant grandement le transport des produits maraichers cultivés dans les champs d’application pratique du lycée agricole.

Belle semaine

François

 

Antsirabe-viel édifice en briques rouges

Antsirabe-viel édifice en briques rouges

Andraikiba-les aspirantes jardinieres

Andraikiba-les aspirantes jardinieres

Andraikiba-la charrette offerte par le RES

Andraikiba-la charrette offerte par le RES

Andraikiba-sr bernadette-nouvelle supérieure de la communauté

Andraikiba-sr bernadette-nouvelle supérieure de la communauté

Antsirabe-fch-soeur-noeline-martine et delphine handicapées des jambes

Antsirabe-fch-soeur-noeline-martine et delphine handicapées des jambes

Antsirabe-des enfants de la rue

Antsirabe-des enfants de la rue

ambatoabo-distribution de riz aux pauvres

La pauvreté est grandissante

Bonjour à tous,

Comme dans toutes les Communautés, les religieuses de Farafangana Sacré Cœur s’occupent des pauvres venant frapper à leur porte. Ce n’est pas rare de payer les frais d’hospitalisation de malades démunis de tout, précise Sœur Odile. Sans argent, tu ne rentres pas dans un hôpital public. On a coupé le pied à un éleveur après lui avoir volé son troupeau. Cet homme a aujourd’hui tout perdu et se retrouve gravement blessé, sans argent. Heureusement pour lui, les Sœurs sont à ses côtés pour le soulager psychologiquement et financièrement. D’autres éleveurs et propriétaires fonciers, victimes de vols de leur troupeau et blessés, sont dans l’obligation de vendre leurs terres pour payer les frais d’hospitalisation. Ils ont tout perdu et certains quittent leur village pour aller grossir les rangs des démunis en ville. Ces violences et ces vols inacceptables, quelques fois perpétrés de connivence avec l’armée ou la police, ont non seulement des conséquences dramatiques pour les familles victimes, mais la rareté du lait local s’accentue encore en parallèle avec la disparition des attelages.

Le Centre d’Ambohigogo, situé à 34 km à l’ouest de Farafangana, est relié à cette ville par une piste en terre par endroit défoncée. Le dispensaire de la Communauté, dans ce petit village retiré, est très apprécié de la population régionale. De petites cases permettent l’hospitalisation de certains patients faibles et nécessitant un suivi médical. Les tuberculeux logent également dans une maison en bois proche du dispensaire durant leur traitement. Le confort y est par contre rudimentaire. Une simple natte sépare les planches des lits aux malades décharnés. Un devis pour l’achat de matelas est en préparation.

Moteur pétaradant et polluant, c’est toujours un moment particulier de se rendre à Tangainony en canot. L’alimentation du moteur en gasoil s’effectue par un tuyau bricolé relié à un jerrican pendu au plafond de l’embarcation alors que le refroidissement de l’engin est assuré par l’eau puisée dans le fleuve. Un jeune adolescent rempli régulièrement un autre bidon suspendu en dessus de la mécanique. Six litres d’eau /minute sont nécessaires pour garantir le bon fonctionnement du tout, ce qui représente environ 1’000 litres au terme de l’épopée de deux heures quarante cinq minutes.

La pauvreté est ici grandissante, m’explique Sœur Jacqueline, infirmière. Les femmes enceintes n’ont pas l’argent pour accoucher à l’hôpital et mettent au monde leur enfant à domicile. Dès qu’un problème survient, c’est souvent le drame et la maman laisse sa famille orpheline. Aujourd’hui, le dispensaire de la Communauté accueille 55 orphelins. Les médicaments de « Pharmacie Humanitaire Internationale » envoyés par RES sont d’un grand secours et Sœur Jacqueline me prie de transmettre ses remerciements à tous les acteurs de ces précieux dons.

Ce lundi de Pâques, les moteurs des canots font silence. C’est en pirogue que je regagne Farafangana. Il est 04.00 h., le ciel est étoilé avec une pleine lune, la pirogue glisse sur l’eau aux chants des oiseaux. L’air pur, le calme, la nature verdoyante, quoi de plus divin, de plus reposant ?

Ce matin, 160 pauvres attendent ici à la Communauté d’Ambatoabo leur ration de riz hebdomadaire. Avec les lépreux, les tuberculeux, ce sont 13 sacs de 50 kg de riz consommés par semaine. Le nombre de nécessiteux ne diminue pas avec l’arrivée ce matin de 4 jeunes orphelins accompagnés de leur grand-maman. Le père est en traitement psychiatrique et la maman est morte avec son bébé lors de l’accouchement. L’argent nécessaire à l’achat de ce produit alimentaire de base est difficile à trouver, m’explique Sœur Téodora, responsable du Centre. Quelques dons privés spontanés sauvent parfois la situation.

Au plaisir

François

PS : excellente nouvelle pour le Centre d’Ambatoabo qui vient de recevoir sa lettre d’agrément après plusieurs mois de labeur et de pénibles tracasseries administratives.

farafangana-ambatoabo-4 petits orphelins

farafangana-ambatoabo-4 petits orphelins

Moramanga-Ambatondrazaka-ça passera...

L’ouverture d’une classe secondaire, une aubaine pour les jeunes.

Bonjour à tous,

La région d’Ambatondrazaka, située au nord-est de la capitale, est considérée comme le grenier de riz du pays. Le grain, fin et d’excellent goût, ne se gorge pas d’eau en le cuisant et ne colle pas. L’exploitation de bois, à la vue des innombrables camions chargés de grumes équarries à la hache quittant la province, est également importante. Les meules à charbon en combustion, composées de petits bois d’eucalyptus, embaument ça et là l’atmosphère.

La route d’accès, rénovée et en bon état il y a deux ans, s’est considérablement dégradée. Le taxi-brousse de service a mis 9 heures pour parcourir les 158 km séparant Morondava à Ambatondrazaka. Les « nids d’éléphants » et les ornières ont fait leurs apparitions sous les charges incontrôlées des innombrables camions. Devant chaque pont, nombreux dans la région, un panneau de signalisation indiquant 25 tonnes maximales, est compréhensible en toutes les langues. Pourtant, d’immenses semi-remorques cinq essieux passent par là, pneus ployant sous la charge atteignant gaiement les 60 tonnes. La police est bien présente, plus de dix postes sur le parcours. Les gestes galants des hommes en uniformes pour arrêter le trafic, contrôler les papiers et même le passeport, paraissent d’une maîtrise totale de la situation ! Mais voilà, quand l’intérêt privé passe avant celui de la collectivité, rien ne peut fonctionner. Comment progresser dans une telle anarchie ?

Les Sœurs Vocationnistes à Manakambahiny ont, pour la première année, ouverts une classe secondaire de 30 élèves dans leur Centre en plus de l’école primaire introduite en 2011, année de la fondation de la Communauté. Autrefois, dans cette région rurale, beaucoup d’enfants ne fréquentaient pas l’école avant l’arrivée des religieuses, en raison principalement de l’éloignement d’un centre scolaire. L’ouverture  d’une classe secondaire est une aubaine pour la grande majorité des jeunes qui, auparavant terminait leur scolarité en primaire.

La Communauté est pauvre, raison pour laquelle le groupe produisant l’électricité du Centre est actionnée très rarement en raison du prix élevé du gasoil. Sœur Esther, responsable des lieux, me dit avoir mauvaise conscience de consommer chèrement de l’électricité alors que tant de gens ne mangent pas à leur faim. Un petit projet d’installation de panneaux solaires sera prochainement à l’étude.

A Ambatondrazaka, Sœur Luciana, infirmière des prisonniers malades, m’emmène visiter la prison. Cette dernière a pris l’initiative d’améliorer le lieu de vie des 38 femmes actuellement emprisonnées. Le fond de la petite cour intérieure, autrefois en terre, est aujourd’hui bétonné et propre. Des armoires à casiers ont été confectionnées pour entreposer les habits qui anciennement jonchaient le sol. Les 5 mamans accompagnées de leur bébé dorment dans un local à part, sur des lits. Malgré cela, me confie une détenue, l’absence de liberté est pénible à supporter, surtout le soir où la pénombre occupe les lieux à partir de 18 h. La pitance quotidienne se limite à 100 grammes/jour de manioc cuit à l’eau. Les prisonnières privilégiées reçoivent occasionnellement  un peu de nourriture de leur famille.

De passage à Antananarivo avant de voyager sur la côte est, un chauffeur de bus urbain me dit qu’il débute son travail le matin à 04.00 h. et le termine à 19.00 h., ceci du lundi au samedi. Travailler 15 heures par jour lui rapporte 10’000 Ariarys, soit environ 2,6 €. Ici à la capitale, son salaire quotidien lui permet d’acheter 5 kg de riz ou 800 grammes de viande de poulet. Et quel temps lui reste-t-il pour s’occuper de sa famille ou pour ses loisirs ? De plus dans ce brouhaha, ces embouteillages interminables, cette poussière, cette atmosphère irrespirable, sa santé payera le prix cher.

Belle semaine.

François

Moramanga-Ambatondrazaka-ça passera...

Moramanga-Ambatondrazaka-ça passera…

Moramanga-Ambat.-admirer le contrôleur au dessus du talus

Moramanga-Ambat.-admirer le contrôleur au dessus du talus

Moramanga-Ambat.-meule à charbon en préparation

Moramanga-Ambat.-meule à charbon en préparation

ananjary-Ambatolambo-physiothérapeute engagée au centre de rééducation.

Un travail remarquable pour améliorer le quotidien des pauvres

Toutes les Sœurs de la nouvelle Communauté des Filles de la Charité à Mahavoky-Nord sont exceptionnellement en déplacement durant cette semaine. C’est à Mananjary que j’ai l’opportunité de rencontrer Sœur Irma, la responsable du Centre. L’ensemble des pièces administratives est à jour, seul reste le sceau du Centre à y apposer.

C’est en 2016 que la maison des Sœurs a été construite dans ce village retiré d’environ 3’000 habitants situé à 60 km au nord-ouest de Mananjary. On peut s’y rendre par voie fluviale en 10 heures (5 h. de canot et 5 h. de pirogue) ou avec un véhicule tout-terrain. La durée du trajet par voie terrestre varie entre 4 à 8 heures, selon les périodes. En saison des pluies, il arrive même d’être isolé du monde durant quelques jours. Les visites médicales s’effectuent provisoirement dans le bureau et le parloir de la résidence des religieuses avant qu’un dispensaire voit le jour. A part la présence d’un peu de culture maraîchère et d’élevage, de petites exploitations de pépites d’or font légion. Les revenus sont généralement faibles, mais les dangers sont grands. Dernièrement, cinq personnes ont été ensevelies suite à l’effondrement de galeries. Le sol est fertile, mais il n’est pas dans les traditions de cultiver des légumes. Les Sœurs donnent des semences, instruisent  et encouragent la population à entretenir un jardin potager ou à élever de la volaille, des porcs, des bovins. Six familles pauvres profitent de parcelles de terre offertes gracieusement par la Communauté. En parlant de traditions malgaches, il en est qu’il serait souhaitable d’oublier à jamais, à l’image des enfants jumeaux abandonnés par leurs parents dans cette contrée. L’histoire dit que lors d’une révolution, un enfant jumeau aurait pleuré alors qu’il était réfugié dans une grotte en compagnie d’un grand nombre de personnes ; l’ennemi les repéra et toutes auraient trouvé la mort.

La région est riche en forêts de bambous que la population néglige; là aussi, les Sœurs s’activent à mettre en valeur ce produit naturel intéressant. Les villageois consomment généralement de l’eau impropre provoquant beaucoup de maladies intestinales ou des bilharzioses. Un puits a été construit au centre du village par les Sœurs afin d’enrayer ces affections.

Un travail remarquable a donc déjà été réalisé par cette Communauté qui s’investit corps et âme pour améliorer le quotidien de ces campagnards humbles, nécessiteux.

A la Communauté de Mananjary Ambatolambo chez les Sœurs Petites Servantes du Sacré Cœur, un centre de rééducation pour enfants infirmes vient de voir le jour. Cette structure est très appréciée par les parents de ces jeunes qui jusqu’ici étaient livrés à eux-mêmes.

François

 

Un peu d’histoire…

Ouvert officiellement à la navigation en 1901, le canal des Panganales  devint une voie fluviale de 665 km s’étendant de Foulpointe à Farafangana sur la côte sud-est de l’île. Ces gigantesques travaux effectués dans des lieux marécageux infestés de crocodiles permirent l’ouverture de cette voie de communication et de naviguer en toute tranquillité contrairement aux passages risqués sur les eaux tumultueuses de l’Océan Indien. Par manque d’entretien, ce canal devint progressivement obstrué par les jacinthes d’eau qui l’envahisse.  Aujourd’hui les gros bateaux ne passent plus et son usage est désormais exclusivement local et touristique.

Mananjary-maisons de pauvres

Mananjary-maisons de pauvres

Manajary-maman handicapée ayant perdu ses jambes.

Manajary-maman handicapée ayant perdu ses jambes.

Mananjary-canal des Pangalanes.

Mananjary-canal des Pangalanes.

Mananjary-Fianarantsoa-taxi-brousse...-il y a toujours encore une petite place.

Mananjary-Fianarantsoa-taxi-brousse…-il y a toujours encore une petite place.

Mananjary-Ambatolambo-un petit patient du centre de rééducation

Mananjary-Ambatolambo-un petit patient du centre de rééducation

ananjary-Ambatolambo-physiothérapeute engagée au centre de rééducation.

ananjary-Ambatolambo-physiothérapeute engagée au centre de rééducation.

Mananjary-Sr Irma-responsable de la Communauté de Mahavoky.

Mananjary-Sr Irma-responsable de la Communauté de Mahavoky.