Les missionnaires en Haïti sont le dernier rempart face au retour de la barbarie

Septembre 2022

À Haïti, des milliers de personnes meurent dans les violences, dans un pays abandonné par l’occident et où la vie ne vaut plus rien. Car selon le décompte du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, il y a eu près de 1000 meurtres, 700 blessés et 700 enlèvements de personnes de toutes origines socio-économiques et de toutes nationalités, durant les six premiers mois de cette année en Haïti 1. À Washington 2, le président de la République dominicaine a averti la situation de son voisin s’apparente à “une guerre civile de faible intensité” ” qui présente une menace pour la sécurité nationale dominicaine, entraînant la fermeture de sa frontière, tandis que la demande d’une intervention de forces armées de l’ONU est ignorée. Cette situation explosive est pourtant dénoncée depuis des années. La violence des gangs et des enlèvements déchire le pays et laisse une traînée de morts. Les meurtres, les rapts, les tortures et les violences sexuelles terrorisent la population et permettent aux gangs de maintenir leurs activités criminelles. En septembre dernier des manifestations antigouvernementales, déclenchées par une hausse annoncée du prix du carburant à la pompe 3, se sont poursuivies en Haïti. Des pillages ont éclaté dans différentes villes. Des manifestants ont pillé un entrepôt du Programme alimentaire mondial de l’ONU contenant 1400 tonnes de nourriture. D’autres scènes de pillage ont été constatées notamment aux Gonaïves et à Saint-Marc. Les locaux du Bureau des Nations unies (UNOPS), plusieurs établissements scolaires, une université publique et plusieurs entreprises, ont été saccagés et pillés. Les protestataires ont attaqué des entreprises et des institutions publiques, le bureau des archives nationales, des magasins et des boutiques. Les résidences de trois proches du gouvernement 4, ont été saccagées et pillées.

Abandonnés dans l’indifférence générale, là où les blindés de l’ONU et les ambulances n’interviennent pas, les missionnaires veillent au péril de leur vie sur ceux qui sont affamés, privés d’aide internationale et de leurs droits les plus élémentaires. L’éducation et la santé, la protection et la défense des plus pauvres ne reposent pour l’essentiel sur les épaules des religieuses et des prêtres. Or les violences et pillages sont désormais montés d’un cran avec l’attaque et le pillage d’écoles, de centres de santé et renutrition tenus par des congrégations religieuses. Au Réseau des Entrepreneurs Solidaires nous sommes notamment en contact avec les sœurs de Saint Joseph de l’Apparition qui ont été traumatisées par la destruction totale le 17 et 18 Septembre, de leur centre pour personnes handicapées, de l’usine de textile, de l’école, du centre de santé et du centre de renutrition situés à Gonaïves dans un des quartiers les plus pauvres. Tout le mobilier et l’ensemble du matériel a été arraché, démonté, volé ou brûlé par la colère des manifestants ; la chapelle a été profanée et vidée, la maison des sœurs dévastée. Dieu a permis que ces sœurs, exfiltrées par la police, aient la vie sauve mais les plus jeunes sont en état de choc. La situation est hors de contrôle ; les banques et ambassades sont fermées, les déplacements impossibles ; la peur règne partout. Les sœurs sont cachées, attendant un retour au calme pour évaluer la situation, mais les bâtiments de leur mission sont ruinés.

Pour ce qui concerne les filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, à Gonaïves toujours, l’école St François a été épargnée par la foule grâce aux parents d’élèves qui ont formés par héroïsme une barrière humaine. Cette école est une exception parmi celles de Gonaïves qui ont été détruites. Le centre scolaire situé à Cite Soleil, un bidonville de Port au Prince, a suspendu la rentrée des classes. À Meyer, sur la côte sud d’Haïti, les sœurs sont isolées et l’école est fermée. Elles ont stoppé la clinique mobile en raison de l’insécurité et du doublement des coûts des médicaments. Mais elles assurent des soins et font des visites dans les maisons deux fois par semaine dans une région touchée par la famine.

Alors chers amis, n’oublions pas les missionnaires en Haïti : ils sont le dernier rempart face au retour de la barbarie, là où la vie ne vaut plus rien.

Que pouvons-nous faire ? Pour nous aider, voici les trois principaux moyens :

1. Rejoindre le groupe de prière RES : merci d’écrire à Emmanuel de la Ville emmanuel.delaville@ethifinance.com pour vous inscrire

2. Rejoindre l’équipe RES pour vous engager : merci d’écrire à Didier Roux droux7@hotmail.com pour en parler

3. Faire un don pour aider RES à soutenir matériellement les missionnaires, 100% des dons sont reversés aux religieuses : – Faire un don sécurisé  : Faire un don

Prions Notre Dame du Perpétuel secours et Saint Joseph afin que la raison et la paix reviennent en Haïti. Encore merci pour votre soutien.

Edouard Montier

 

1 Le rapport ressence 934 meurtres, 684 blessés et 680 enlèvements sur la période de janvier à fin juin 2022.

2 En septembre 2022, s’adressant aux dirigeants de l’hémisphère à l’Organisation des États américains

3 Les subventions gouvernementales pour maintenir les prix de l’essence en dessous de 3 dollars le gallon, et le diesel et le propane en dessous de 4 dollars le gallon, coûtent au gouvernement environ 400 M USD par an. Maintenir ce montant de subvention, en plus des 600 M USD millions de dollars qu’Haïti perd en raison des droits de douane non perçus dans ses ports, n’est pas viable, a noté le Premier ministre par intérim Henry le 11 septembre 2022 dans un discours à la nation.

4 L’avocat André Michel et l’ancienne sénatrice Edmonde Beauzile, Ricard Pierre, ministre de la Planification et de la coopération externe du gouvernement

François à Mada – la léproserie de Marana

Dorénavant, afin d’éviter toutes répétitions d’activités dans les différentes Communautés, je limiterai mon propos à énoncer des faits particuliers rencontrés lors de mes prochaines visites. 

Cette année, les conditions météorologiques sur la côte-est ainsi qu’ici à Fianarantsoa sont inhabituelles ; il pleut régulièrement et l’air est frais alors que la saison sèche débute normalement en avril. Cette situation est par contre très favorable pour les cultivateurs qui pourront récupérer en partie les pertes provoqués par les cyclones. 

A Sevaina, petit village situé dans la montagne à 17 km de Fianarantsoa, les Sœurs sont très contentes de l’installation de panneaux solaires installés gracieusement en 2020 par « Electricité Assistance France » (EAF) qui travaille depuis quelques années en collaboration avec notre association RES. La maison des Sœurs, le dispensaire, l’internat ainsi que les bureaux de l’école sont raccordés à cette installation. « Cette électricité nous facilite grandement la vie » acquiesce Sœur Angeline, « MERCI à tous les protagonistes de ce magnifique cadeau ». Sœur Edwige, responsable des écoles, exprime également toute sa reconnaissance à RES pour son soutien à la cantine scolaire ainsi que pour l’envoi de médicaments. 

 

Située à sept kilomètres du centre-ville de Fianarantsoa, la léproserie de Marana est nichée au cœur d’une magnifique forêt de 94 hectares, propriété de la Communauté des Sœurs Saint Joseph de Cluny présente en ces lieux depuis 110 ans. On peut s’imaginer Madagascar il y a quelques décennies couvertes de forêts. Aujourd’hui, il ne reste malheureusement que quelques réserves naturelles. La profusion de bois de ce beau massif forestier privé permet de projeter un chauffage avec ce produit écologique par excellence pour chauffer l’eau de la demeure des lépreux. Durant la période de sécheresse, deux puits de la Communauté était à sec ; deux forages d’une huitaine de mètres de profondeur viennent d’être réalisés. Tous les bâtiments du site sont raccordés à cette eau d’une qualité exceptionnelle, selon les analyses effectuées. Actuellement, une centaine de lépreux reçoivent soins et logis sur le site.

Trop de malades arrivent bien tard comme Ralala, ce jeune homme aux mains mutilées resté des années durant cachés dans un misérable logis. Certains lépreux ont la vie dure ; ils sont définitivement refoulés de leur famille, à l’exemple d’un résident logé sur ce site depuis cinquante ans. Sœur Sabine remercie chaleureusement RES pour son offre de médicaments.   

 Ici à Fianarantsoa, beaucoup d’enfants errent dans les rues et dorment sur les trottoirs, au pied d’une maison.  Les nuits sont pourtant fraîches ici sur les « Hautes Terres » en cette saison, mais seuls un pantalon court et un pullover, souvent sales et troués, les habillent. La journée, les enfants de dix à douze ans font un peu les dockers pour gagner quelque argent. Des sacs ou des colis de 50 kg, voire plus, leurs déforment déjà le dos. D’autre part, tous les dépôts de détritus des coins de rues sont systématiquement fouillées par des personnes dépouillées de tout, à la recherche de nourriture ou d’objets procurant quelques petits sous.

A la Communauté des Sœurs Filles de la Charité, c’est les vacances pour les 73 handicapés physiques et mentaux dont s’occupent les religieuses. En période hors vacances, c’est avec le bus du Centre que l’on déplace les infirmes les plus éloignés le matin et le soir. Le repas de midi est consommé à la cantine scolaire en compagnie des écoliers. Durant la période du Covid et des confinements, beaucoup de pauvres accouraient à la Communauté pour trouver nourriture et réconfort. La situation était particulièrement difficile pour les femmes de ménage et autres entreprises interdites d’accès aux domiciles privés. L’aide de RES durant ces mois de disette pour l’achat de lait, de nourriture, de médicaments a été d’un grand réconfort signale Sœur Madeleine, responsable de la Communauté. MERCI.  

3 semaines chez les filles de la charité et les sœurs missionnaires de l’Evangile

Nous avons passé 3 semaines à Madagascar en avril, pour mener à bien notre 3ème mission
humanitaire au service de 2 congrégations religieuses, les Filles de la Charité de Saint Vincent de
Paul, et les Sœurs Missionnaires de l’Evangile…

RES Rapport Isabelle et Pierre – Madagascar VAINGAINDRANO Avril 2022

RES Rapport Isabelle et Pierre – Madagascar FARAFANGANA Avril 2022

François à Mada – Les soeurs filles de la charité sont généreuses avec ceux qui ont faim

De Beraketa, il n’y a pas de taxi-brousse pour Antanimora. Mais aujourd’hui c’est la chance ; une heure d’attente au bord de la route et je peux me diriger vers ma prochaine destination, Antanimora en voiture 4×4 d’un aimable voyageur. A 6 heures le matin, neuf enfants de chœur et une centaine de personnes participent à la messe matinale avec une ferveur exemplaire. Plus les gens sont pauvres, plus la prière est pour eux une « nourriture ». Les traditions dans ce pays sont malheureusement indestructibles ; les parents de cette contrée obligent leurs filles adolescentes à se marier à 12-13 ans pour obtenir en échange des zébus appartenant aux parents du marié. Les familles avec de nombreux enfants font également parties des traditions. Un homme, père de 34 enfants vit avec 4 femmes ; il n’a pas un sou. Ici la sécheresse persiste et les cactus commencent à manquer pour les affamés assujettis à cette nourriture. La Communauté accueille 50 enfants dans son orphelinat, des mamans trop affaiblis par la famine décèdent en couche.

Sœur Claudia me montre une maison délabrée d’une surface au plancher d’environ 24 m2 où demeurent 30 personnes. Comment vivre décemment dans de telles conditions ? Une fois par semaine, des personnes nécessiteuses venant de la brousse reçoivent 4 kg de riz de la part de la Communauté et du lait pour leurs nourrissons. 

Pour me rendre à Ambovombe, j’ai l’opportunité de trouver une place dans le camion-car venant d’Antananarivo via Fort-Dauphin. Les passagers ont déjà voyagé deux jours et deux nuits non-stop, serrés à ne pas pouvoir coincer un petit livre entre deux personnes. Quatre heures sont nécessaires pour parcourir les 63 km de chemin de terre qui séparent

Antanimora à  Ambovombe. Contrairement au nord de la région appelée « Androy », le dernier cyclone a bien humecté la terre en profondeur ; une bonne récolte est enfin espérée après trois ans de disette due à la sécheresse. En 2020, beaucoup d’animaux sont morts de faim et de soif. A l’image des autres Communautés, les Sœurs d’Abovombe aident et entourent les plus déshérités en distribuant de la nourriture et en les entourant moralement et spirituellement. 

Aucun taxi-brousse régional n’est partant aujourd’hui pour Tsihombe. Le véhicule privé dans lequel j’ai l’opportunité de me déplacer tombe en panne, mais le chauffeur-mécanicien l’a remis en vie avec un outillage qu’une poche de pantalon n’a pas de difficulté à contenir. Il faut préciser que les véhicules ont la vie dure sur cette route nationale no 10, transformée en piste défoncée, reliant Fort-Dauphin à Tuléar. 

Les Sœurs Filles de la Charité gèrent un dispensaire très fréquenté par la population de toute la région. Sœur Immaculada, infirmière diplômée, 87 ans est en pleine forme, travaille encore tous les matins au dispensaire en compagnie de Sœur Florence. Depuis peu, le sida a malheureusement fait son apparition dans la contrée ; des habitants de la région revenant de zones touristiques infectent la population. C’est en moyenne 4 à 5 nouveaux cas positifs enregistrés quotidiennement. La Communauté est généreuse envers les gens qui ont faim ; 500 élèves bénéficient de la cantine scolaire et un programme nutritionnel spécial est en activité pour 30 nourrissons, 80 enfants et 136 vieillards et personnes dénutris. Le chômage est important, particulièrement chez les jeunes.  Un projet visant à créer des places de travail est à l’étude. Il s’agit de mettre en valeur le sisal, plante très fibreuse à croissance rapide, abondante dans la région, très résistante à la sécheresse. Ce matériau polyvalent permet de fabriquer des chapeaux, des tapis, des sandales…  Le plus difficile, évoque Sœur Emma, c’est de changer les mentalités, de rendre chaque citoyen responsable et entreprenant.  

Belle fin de semaine

François

François à Mada – Une femme seule avec ses 7 enfants

Bonjour à tous,

Me voici bien arrivé dans la capitale malgache d’où je vous livre un résumé de mes premières rencontres.

Le premier jour de visite dans la Communauté d’Ambohimirary à Antananarivo me transporte immédiatement face à une réalité déjà bien connue ; la pauvreté et le dénuement d’un grand nombre de Malgaches. 

Sœur Angèle et Sœur Lydie m’emmènent dans un quartier pauvre de la ville qu’elles visitent et où elles œuvrent quotidiennement. Une mère de famille vit seule avec ses 7 enfants, son mari docker a été tué sur un chantier éloigné de la capitale. Le décès lui a été communiqué téléphoniquement sans plus de précisions : elle ne l’a plus jamais revu. Sa petite masure de 12,5 m2 où elle vivait avec ses enfants a été emportée par le cyclone du printemps dernier. Ses voisins, également sans le sou, les ont accueillis pendant que la Communauté des Sœurs leurs reconstruisaient une nouvelle demeure. L’offre de quelques tricots confectionnés par des tricoteuses gruériennes leur a donné un peu de baume au cœur.

 

La solidarité et la générosité ne font jamais défauts dans les populations pauvres pourtant démunis de tout, déclare Sœur Angèle, infirmière.  

Si quelqu’un est également généreuse et ne compte jamais son temps au service des plus démunis, c’est bien cette religieuse, Angèle, âgée de 85 ans, infatigable et toujours souriante. 

A Andoharanofotsy, autre quartier pauvre de la capitale, le dispensaire récemment construit par la Communauté des Sœurs Carmélites s’avère très fréquenté et apprécié. RES assume une grande part des frais d’achat des médicaments, la majorité des patients consultés n’ayant pas le sou pour se soigner. 

Amitié

François

 

L’art au service des défavorisés…

Mme Marjolaine Picco, professeur d’art plastique, est sensibilisé depuis longtemps aux besoins alimentaires et sanitaires de base des populations pauvres des pays défavorisés…

Artiste peintre, portraitiste, sculptrice, mouleuse…cette jeune femme philanthrope, bienfaitrice régulière du RES, met en œuvre un concept innovant du don en attribuant à RES l’intégralité du montant des ventes de ses œuvres achetées par des visiteurs du site du RES.

L’intégralité de votre achat d’une de ses œuvres sera ainsi reversé par RES aux religieuses que nous suivons afin de nourrir, soigner, éduquer et accompagner la multitude de malades, de personnes handicapées ou dépendantes qui bénéficient de leur bienveillante protection désintéressée.

Vous pouvez accéder au site de Marjolaine en cliquant sur le lien ci-dessous, vous y trouverez une partie de ses œuvres car elle travaille également à la demande : portrait d’après photos, moulages ou copies d’œuvres de peintres classiques (taille différente à l’original et non signés). https://www.artmajeur.com/picco

En proposant des idées de beaux cadeaux pour les fêtes, Marjolaine Picco vous permet d’acheter un tableau ou une sculpture pour vous-même ou pour faire plaisir à un de vos proches qui permettra à une famille pauvre de recevoir une aide essentielle pour son développement et sa dignité.

– Avec 60 euros, vous pouvez offrir un verre de lait par jour à deux enfants malnutris pendant toute l’année scolaire, apportant un complément alimentaire vitale pour leur développement

– Avec 100 euros, vous apportez un soin médical et des médicaments à 50 personnes démunies

et abandonnées, contribuant à la réduction de leur souffrance et à leur guérison

Avec cette initiative innovante du don, avec un 1 euro versé pour l’achat d’une œuvre de Marjolaine Picco, les religieuses reversent sous forme alimentaire ou sanitaire, par une éducation ou une assistance sociale, 1 euro dans la main des pauvres.

Au RES, le don de soi désintéressé, sans condition pour les pauvres ni exigence de contrepartie pour les bénévoles est la règle d’or, et nous réglons nous même tous les frais de notre engagement au service des pauvres.

L’église tunisienne à l’heure de la pandémie

Tunis, le mois de Juillet est très chaud et la vie devient compliquée avec la pandémie (9000 cas/jour). La contamination importante aggrave la situation économique (pas de tourisme, restaurants fermés, ..). Les universités sont fermées et les jeunes étudiants africains sont désœuvrés.

Les décès liés à l’immigration clandestine augmentent et moins de jeunes viennent étudier.

Mais l’église tient bon grâce aux efforts des pères et soeurs missionnaires.

La cathédrale est fermée aux visites par décision administrative depuis 3 semaines.

Les mesures sanitaires sont imposées strictement auprès de l’église catholique; les mosquées sont toujours ouvertes, sans gestes barrières.

En semaine quelques religieux et laïcs constituent une petite communauté pour célébrer l’eucharistie, le dimanche la cathédrale est remplie par les africains subsahariens

RES soutient un prêtre missionnaire IVE (Institut du verbe incarné) pour héberger 6 étudiants subsahariens qui ont une vie communautaire et participent à la pastorale de la paroisse;  une lettre rédigée par leurs soins témoignent de leur vie à Tunis

Lire la lettre

Témoignage de Geneviève, Ange gardien à Madagascar

Bonjour à Tous,

Je tenais tout d’abord à remercier la paroisse de St Nauphary et en particulier le Père Eric , de me permettre de témoigner de mon action à Madagascar au travers du RES.

R E S : 3 lettres qui signifient Réseau d’Entrepreneurs Solidaires et dont la profession de foi est la suivante «  La Joie de servir tous les pauvres avec les missionnaires, à l’école du don et de la gratuité ». J’insiste sur le « Avec » les missionnaires car c’est l’ADN du RES qui soutient actuellement :

– 40 congrégations religieuses réparties dans 10 pays

– l’Algérie , Haïti, l’Inde, le Liban, la Mauritanie, le Mali, le Rwanda, le Sénégal, la Tunisie et Madagascar…

J’ai eu la chance de rencontrer son fondateur Édouard MONTIER sur les chemins de St Jacques en 2011. Nous avons fait un petit bout de chemin ensemble, entre Auvillar et Navarrenx. La marche est propice aux confidences , sans filtre… Il m‘a parlé de son appel à consacrer sa vie à la construction d’un monde en adéquation avec l’Évangile, dont le centre est l’intérêt du Pauvre, de celui qui est exclu parce qu’il ne rapporte RIEN… Et pourtant Édouard MONTIER avait un parcours sans faute…. Il avait TOUT et notamment une brillante carrière chez Microsoft Corporation en tant que directeur général des ventes aux entreprises. Mais ce « Tout » l’asséchait…Ce sont ses propres mots… C’est pourquoi, en accord avec son épouse et ses trois enfants, il a décidé en 2005 de créer le RES, en mettant en cœur de cible des actions en association avec les missionnaires. Il a toujours eu le besoin d’être au contact avec la vie des religieux et des religieuses, cette vie entièrement donnée, sans condition ni contrepartie….

Une petite voix sur le chemin m’a soufflé « Intéressant le bonhomme, va, suis-le ! »…Je ne l’ai pas fait tout de suite puisque ce n’est qu’en 2015 que j’ai pris mon engagement au sein de l’association, et je suis partie à Madagascar, là où il manquait cruellement de bénévoles .

Que fait le RES concrètement ?

– Tout d’abord , nous prions aux intentions que les religieuses et les prêtres que nous soutenons nous envoient : un groupe de prières « oremus » se retrouve une fois par mois pour prier aux intentions envoyées.

– Ensuite nous leur rendons visite 1 fois par an, là où ils vivent, avec les pauvres, partageant leur quotidien. Il y a en moyenne 150 visites par an, aux frais des bénévoles.

– Nous les soutenons bien sûr matériellement : Chaque année, nous achetons, stockons grâce à nos bienfaiteurs, et livrons en exonération de taxes des dizaines de tonnes de médicaments et de matériel médical, du lait 1A et du lait entier, des produit nutritionnels et éducatifs de 1ière urgence, introuvables et/ou inabordables sur place, au travers de plus de 90 expéditions maritimes, aériennes et routières. Chose que nous n’avons pas pu faire en 2020 à cause de la pandémie de COVID…

– Et surtout, c’est notre devoir d’être la voix des pauvres et des missionnaires au travers des visites effectuées : témoigner de ce que nous avons vu sur place, ce que j’ai la chance de faire aujourd’hui avec vous.  Nous essayons également  de garder une relation permanente toute l’année avec les missionnaires, que ce soit par mail, par téléphone, par messagerie, ce qui n’est pas forcément choses aisée : en effet le Dieu Internet 5G ne fait pas légion là-bas !!!

Depuis 2015, j’ai effectué 5 voyages à Madagascar : je suis l’ange gardien (c’est ainsi que nous sommes appelés) de 5 congrégations religieuses, toutes des Filles de la Charité, dans le Sud-est de l’île aux environs de Manakara. A chaque voyage, je reste toujours aussi surprise par les sourires et la joie de vivre du peuple Malgache, malgré la pauvreté extrême, la famine, le manque de soins…

J’essaye de me mettre au diapason en mettant de côté ma mentalité européenne. J’écoute les sœurs , elles m’ont accordé leur confiance et cette dernière est TOTALE : quelle responsabilité !!! Mon point de chute , c’est le Foyer de Tanjomoha  à Vohipeno à 40 kms au sud de Manakara, tenu par le Père Émeric  -Lazariste- que  j’appelle amicalement le Père Pedro des campagnes. Le foyer accueille 450 personnes pour y être nourries, soignées, logées et formées. Le foyer accueille entre autre de jeunes orphelins, des jeunes issus de villages considérés comme des parias,  des malades atteints de troubles mentaux, des malades  porteurs de handicaps parfois très sévères, des malades atteints de tuberculose. Le foyer accueille donc les personnes les plus démunies de cette région sans distinction de races, de sexes, de convictions religieuses ou idéologiques… Le Père Émeric est assisté pour cette tâche immense de 4 sœurs Filles de la Charité, d’un frère lazariste et de deux coopérants FIDESCO.

Une journée type quand je suis sur le terrain : lever à 5h30 pour assister à la messe de 6h00, et là MIRACLE, tous les jours de la semaine, l’église est pleine de fidèles de tous âges. Pas question pour les malgaches de commencer leur journée sans louer le Seigneur et lui offrir leur journée…Le travail commence à 8h00 et j’apprécie par dessus-tout la journée du mardi car c’est celle de la distribution de ce lait si précieux et de farine de maïs , distribution à une centaine de femmes venues souvent de très loin, certaines faisant 15kms aller et 15 kms retour à pied. Les bébés et les enfants sont pesés, mesurés au niveau du périmètre crânien et brachial pour s’assurer de leur bonne croissance afin  que nous soyons certains que le lait fourni ne fait pas l’objet de marché noir . C’est pour moi l’occasion de pouvoir discuter un peu avec les mamans, souvent très jeunes, cajoler, rassurer, donner des conseils, et ainsi épauler les sœurs qui ne se départissent jamais de leur sourire : je peux vous assurer que même si le tableau est noir, la joie règne lors de cette matinée. A 13h , pause déjeuner avec reprise du travail à 14h00. J’ai la chance d’exercer un métier passionnant, à pâte humaine… celui d’orthophoniste . Je peux donc à chaque voyage apporter ma petite pierre aux soins des malades et des handicapés et à la formation dans mon domaine. Les sœurs m’emmènent en brousse dans des dispensaires de fortune , à la rencontre des populations les plus reculées et donc les plus exposées . Une chose à laquelle je ne me ferai jamais, c’est le non-accès aux soins. A Madagascar, si Pas d’argent, pas de soins possible…. D’où le travail immense qui incombe à ces religieuses à qui l’on laisse à leur porte, le vieillard devenu inutile (une bouche de plus à nourrir), la fille-mère et son nourrisson, l’enfant handicapé porteur du « mauvais œil »… Cela vaut bien une oreille attentive et une main tendue !!! J’écoute les sœurs, évalue avec elles les stocks de lait et de médicaments que le RES fournit. Et aussi nous établissons ensemble les besoins futurs et notamment les besoins en riz pendant les deux périodes de rupture, entendre par là la non-possibilité de pouvoir récolter ce riz à cause des intempéries et des pillages par les brigands de plus en plus nombreux depuis 2020…  La nuit tombe tôt  dans cette partie de l’île …. à 17h…. cela me permet de consacrer du temps aux plus jeunes : jeux, discussions diverses (ils sont avides de savoir comment est la vie en France, la mode, la musique…), apprentissage de la langue malgache pour moi (mais je ne suis guère douée…)Ils font preuve de beaucoup de patience. Leurs rires et leur enthousiasme m’apportent un réconfort inestimable…

En 2020, aucune visite n’a pu être effectuée, quelque soit le pays, à cause des fermetures des frontières. Aucun container n’a pu être livré, donc pas de lait, pas de médicaments, pas de produits de première nécessité ….et une production locale trop faible pour assurer les besoins de la population. L’épidémie de COVID n’a pas provoqué la catastrophe sanitaire redoutée, même si les chiffres réels des contaminations restent très approximatifs ! Non , à Madagascar, comme dans tous ces pays où 90 % de la population a moins de 1 euro par jour  pour vivre, ce n’est pas une crise sanitaire qui sévit, mais une cruelle et sévère crise alimentaire. C’est pourquoi le RES a besoin de vous ! A titre d’exemple :

– Avec 15euros, on peut offrir tous les jours pendant 1 mois , du lait à un nourrisson orphelin malnutri…

– Avec 50 euros, on peut offrir un verre de lait par jour à un enfant malnutri pendant toute l’année scolaire…

– Avec 100 euros, on peut donner un soin médical et des médicaments à 50 personnes démunies et/ou exclues.

Partout où je passe, le message et plus encore, le CRI des sœurs, c’est « Donnez-nous du lait » !

 Ce que vous devez savoir : 1 euro versé, c’est 1 euro qui arrive sur le compte de la communauté, pas moins. Au RES, pas d’intermédiaire, nous sommes tous bénévoles et à ce titre tous nos frais nous incombent.

Et enfin pour terminer ce témoignage, petit clin d’œil divin… je le crois très fort…. Mon tout premier voyage en 2015 a été ponctué par la messe de Pentecôte à Tana avec le Père Pedro. Si je n’avais pas participé à cette messe qui rassemblait environ 7000 personnes  et qui a duré pas moins de 3 heures…, je n’aurai jamais remis les pieds à Madagascar… Le Père Pedro s’est tourné vers l’estrade des visiteurs et il nous a demandé de témoigner de ce que l’on a vu, témoigner de la pauvreté extrême, mais aussi de la joie de vivre du peuple malgache, un peuple fier et qui n’accepte pas l’assistanat !

Lors de cette célébration, une évidence s’est imposée à moi : celle de devenir un fidèle ange gardien des sœurs que la Providence mettrait sur mon chemin. Aujourd’hui je suis particulièrement heureuse et émue de renouveler devant vous mon engagement au RES, car il est pour moi le signe vivant de mon baptême. Le Pape François nous invite constamment à aller aux périphéries : il existe bon nombre de périphéries, à nos portes souvent….La mienne se situe à Madagascar !

Un dernier merci, et pas des moindres, à mon mari Jacques, mes 5 filles et valeurs ajoutées, mes petits-enfants. Ils m’ont toujours soutenue dans cette belle aventure de FOI.

Merci 1000 fois aussi  à vous tous : nous avons besoin de vous plus que jamais en 2021. Je me tiens à votre disposition avec grand plaisir si vous souhaitez en savoir plus sur le RES : vous trouverez mes coordonnées sur votre feuillet de messe ainsi que les coordonnées du site où vous pourrez trouver une multitude d’infos et de témoignages diverses. Soyez curieux, allez surfer sur le site !!!

MERCI   MERCI  MERCI

Livraison de lait en Haïti

Dans le chaos et l’insécurité totale, la livraison de 20T de lait en poudre à été livré en mains sures (Filles de la charité à port au Prince) pour une distribution dans les différentes missions bénéficiaires.

Ce lait est comme de l’or précieux pour tous les enfants souffrant de la pauvreté et de cette crise interminable.

Nous remercions la providence et tous nos partenaires !

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