L’église tunisienne à l’heure de la pandémie

Tunis, le mois de Juillet est très chaud et la vie devient compliquée avec la pandémie (9000 cas/jour). La contamination importante aggrave la situation économique (pas de tourisme, restaurants fermés, ..). Les universités sont fermées et les jeunes étudiants africains sont désœuvrés.

Les décès liés à l’immigration clandestine augmentent et moins de jeunes viennent étudier.

Mais l’église tient bon grâce aux efforts des pères et soeurs missionnaires.

La cathédrale est fermée aux visites par décision administrative depuis 3 semaines.

Les mesures sanitaires sont imposées strictement auprès de l’église catholique; les mosquées sont toujours ouvertes, sans gestes barrières.

En semaine quelques religieux et laïcs constituent une petite communauté pour célébrer l’eucharistie, le dimanche la cathédrale est remplie par les africains subsahariens

RES soutient un prêtre missionnaire IVE (Institut du verbe incarné) pour héberger 6 étudiants subsahariens qui ont une vie communautaire et participent à la pastorale de la paroisse;  une lettre rédigée par leurs soins témoignent de leur vie à Tunis

Lire la lettre

Témoignage de Geneviève, Ange gardien à Madagascar

Bonjour à Tous,

Je tenais tout d’abord à remercier la paroisse de St Nauphary et en particulier le Père Eric , de me permettre de témoigner de mon action à Madagascar au travers du RES.

R E S : 3 lettres qui signifient Réseau d’Entrepreneurs Solidaires et dont la profession de foi est la suivante «  La Joie de servir tous les pauvres avec les missionnaires, à l’école du don et de la gratuité ». J’insiste sur le « Avec » les missionnaires car c’est l’ADN du RES qui soutient actuellement :

– 40 congrégations religieuses réparties dans 10 pays

– l’Algérie , Haïti, l’Inde, le Liban, la Mauritanie, le Mali, le Rwanda, le Sénégal, la Tunisie et Madagascar…

J’ai eu la chance de rencontrer son fondateur Édouard MONTIER sur les chemins de St Jacques en 2011. Nous avons fait un petit bout de chemin ensemble, entre Auvillar et Navarrenx. La marche est propice aux confidences , sans filtre… Il m‘a parlé de son appel à consacrer sa vie à la construction d’un monde en adéquation avec l’Évangile, dont le centre est l’intérêt du Pauvre, de celui qui est exclu parce qu’il ne rapporte RIEN… Et pourtant Édouard MONTIER avait un parcours sans faute…. Il avait TOUT et notamment une brillante carrière chez Microsoft Corporation en tant que directeur général des ventes aux entreprises. Mais ce « Tout » l’asséchait…Ce sont ses propres mots… C’est pourquoi, en accord avec son épouse et ses trois enfants, il a décidé en 2005 de créer le RES, en mettant en cœur de cible des actions en association avec les missionnaires. Il a toujours eu le besoin d’être au contact avec la vie des religieux et des religieuses, cette vie entièrement donnée, sans condition ni contrepartie….

Une petite voix sur le chemin m’a soufflé « Intéressant le bonhomme, va, suis-le ! »…Je ne l’ai pas fait tout de suite puisque ce n’est qu’en 2015 que j’ai pris mon engagement au sein de l’association, et je suis partie à Madagascar, là où il manquait cruellement de bénévoles .

Que fait le RES concrètement ?

– Tout d’abord , nous prions aux intentions que les religieuses et les prêtres que nous soutenons nous envoient : un groupe de prières « oremus » se retrouve une fois par mois pour prier aux intentions envoyées.

– Ensuite nous leur rendons visite 1 fois par an, là où ils vivent, avec les pauvres, partageant leur quotidien. Il y a en moyenne 150 visites par an, aux frais des bénévoles.

– Nous les soutenons bien sûr matériellement : Chaque année, nous achetons, stockons grâce à nos bienfaiteurs, et livrons en exonération de taxes des dizaines de tonnes de médicaments et de matériel médical, du lait 1A et du lait entier, des produit nutritionnels et éducatifs de 1ière urgence, introuvables et/ou inabordables sur place, au travers de plus de 90 expéditions maritimes, aériennes et routières. Chose que nous n’avons pas pu faire en 2020 à cause de la pandémie de COVID…

– Et surtout, c’est notre devoir d’être la voix des pauvres et des missionnaires au travers des visites effectuées : témoigner de ce que nous avons vu sur place, ce que j’ai la chance de faire aujourd’hui avec vous.  Nous essayons également  de garder une relation permanente toute l’année avec les missionnaires, que ce soit par mail, par téléphone, par messagerie, ce qui n’est pas forcément choses aisée : en effet le Dieu Internet 5G ne fait pas légion là-bas !!!

Depuis 2015, j’ai effectué 5 voyages à Madagascar : je suis l’ange gardien (c’est ainsi que nous sommes appelés) de 5 congrégations religieuses, toutes des Filles de la Charité, dans le Sud-est de l’île aux environs de Manakara. A chaque voyage, je reste toujours aussi surprise par les sourires et la joie de vivre du peuple Malgache, malgré la pauvreté extrême, la famine, le manque de soins…

J’essaye de me mettre au diapason en mettant de côté ma mentalité européenne. J’écoute les sœurs , elles m’ont accordé leur confiance et cette dernière est TOTALE : quelle responsabilité !!! Mon point de chute , c’est le Foyer de Tanjomoha  à Vohipeno à 40 kms au sud de Manakara, tenu par le Père Émeric  -Lazariste- que  j’appelle amicalement le Père Pedro des campagnes. Le foyer accueille 450 personnes pour y être nourries, soignées, logées et formées. Le foyer accueille entre autre de jeunes orphelins, des jeunes issus de villages considérés comme des parias,  des malades atteints de troubles mentaux, des malades  porteurs de handicaps parfois très sévères, des malades atteints de tuberculose. Le foyer accueille donc les personnes les plus démunies de cette région sans distinction de races, de sexes, de convictions religieuses ou idéologiques… Le Père Émeric est assisté pour cette tâche immense de 4 sœurs Filles de la Charité, d’un frère lazariste et de deux coopérants FIDESCO.

Une journée type quand je suis sur le terrain : lever à 5h30 pour assister à la messe de 6h00, et là MIRACLE, tous les jours de la semaine, l’église est pleine de fidèles de tous âges. Pas question pour les malgaches de commencer leur journée sans louer le Seigneur et lui offrir leur journée…Le travail commence à 8h00 et j’apprécie par dessus-tout la journée du mardi car c’est celle de la distribution de ce lait si précieux et de farine de maïs , distribution à une centaine de femmes venues souvent de très loin, certaines faisant 15kms aller et 15 kms retour à pied. Les bébés et les enfants sont pesés, mesurés au niveau du périmètre crânien et brachial pour s’assurer de leur bonne croissance afin  que nous soyons certains que le lait fourni ne fait pas l’objet de marché noir . C’est pour moi l’occasion de pouvoir discuter un peu avec les mamans, souvent très jeunes, cajoler, rassurer, donner des conseils, et ainsi épauler les sœurs qui ne se départissent jamais de leur sourire : je peux vous assurer que même si le tableau est noir, la joie règne lors de cette matinée. A 13h , pause déjeuner avec reprise du travail à 14h00. J’ai la chance d’exercer un métier passionnant, à pâte humaine… celui d’orthophoniste . Je peux donc à chaque voyage apporter ma petite pierre aux soins des malades et des handicapés et à la formation dans mon domaine. Les sœurs m’emmènent en brousse dans des dispensaires de fortune , à la rencontre des populations les plus reculées et donc les plus exposées . Une chose à laquelle je ne me ferai jamais, c’est le non-accès aux soins. A Madagascar, si Pas d’argent, pas de soins possible…. D’où le travail immense qui incombe à ces religieuses à qui l’on laisse à leur porte, le vieillard devenu inutile (une bouche de plus à nourrir), la fille-mère et son nourrisson, l’enfant handicapé porteur du « mauvais œil »… Cela vaut bien une oreille attentive et une main tendue !!! J’écoute les sœurs, évalue avec elles les stocks de lait et de médicaments que le RES fournit. Et aussi nous établissons ensemble les besoins futurs et notamment les besoins en riz pendant les deux périodes de rupture, entendre par là la non-possibilité de pouvoir récolter ce riz à cause des intempéries et des pillages par les brigands de plus en plus nombreux depuis 2020…  La nuit tombe tôt  dans cette partie de l’île …. à 17h…. cela me permet de consacrer du temps aux plus jeunes : jeux, discussions diverses (ils sont avides de savoir comment est la vie en France, la mode, la musique…), apprentissage de la langue malgache pour moi (mais je ne suis guère douée…)Ils font preuve de beaucoup de patience. Leurs rires et leur enthousiasme m’apportent un réconfort inestimable…

En 2020, aucune visite n’a pu être effectuée, quelque soit le pays, à cause des fermetures des frontières. Aucun container n’a pu être livré, donc pas de lait, pas de médicaments, pas de produits de première nécessité ….et une production locale trop faible pour assurer les besoins de la population. L’épidémie de COVID n’a pas provoqué la catastrophe sanitaire redoutée, même si les chiffres réels des contaminations restent très approximatifs ! Non , à Madagascar, comme dans tous ces pays où 90 % de la population a moins de 1 euro par jour  pour vivre, ce n’est pas une crise sanitaire qui sévit, mais une cruelle et sévère crise alimentaire. C’est pourquoi le RES a besoin de vous ! A titre d’exemple :

– Avec 15euros, on peut offrir tous les jours pendant 1 mois , du lait à un nourrisson orphelin malnutri…

– Avec 50 euros, on peut offrir un verre de lait par jour à un enfant malnutri pendant toute l’année scolaire…

– Avec 100 euros, on peut donner un soin médical et des médicaments à 50 personnes démunies et/ou exclues.

Partout où je passe, le message et plus encore, le CRI des sœurs, c’est « Donnez-nous du lait » !

 Ce que vous devez savoir : 1 euro versé, c’est 1 euro qui arrive sur le compte de la communauté, pas moins. Au RES, pas d’intermédiaire, nous sommes tous bénévoles et à ce titre tous nos frais nous incombent.

Et enfin pour terminer ce témoignage, petit clin d’œil divin… je le crois très fort…. Mon tout premier voyage en 2015 a été ponctué par la messe de Pentecôte à Tana avec le Père Pedro. Si je n’avais pas participé à cette messe qui rassemblait environ 7000 personnes  et qui a duré pas moins de 3 heures…, je n’aurai jamais remis les pieds à Madagascar… Le Père Pedro s’est tourné vers l’estrade des visiteurs et il nous a demandé de témoigner de ce que l’on a vu, témoigner de la pauvreté extrême, mais aussi de la joie de vivre du peuple malgache, un peuple fier et qui n’accepte pas l’assistanat !

Lors de cette célébration, une évidence s’est imposée à moi : celle de devenir un fidèle ange gardien des sœurs que la Providence mettrait sur mon chemin. Aujourd’hui je suis particulièrement heureuse et émue de renouveler devant vous mon engagement au RES, car il est pour moi le signe vivant de mon baptême. Le Pape François nous invite constamment à aller aux périphéries : il existe bon nombre de périphéries, à nos portes souvent….La mienne se situe à Madagascar !

Un dernier merci, et pas des moindres, à mon mari Jacques, mes 5 filles et valeurs ajoutées, mes petits-enfants. Ils m’ont toujours soutenue dans cette belle aventure de FOI.

Merci 1000 fois aussi  à vous tous : nous avons besoin de vous plus que jamais en 2021. Je me tiens à votre disposition avec grand plaisir si vous souhaitez en savoir plus sur le RES : vous trouverez mes coordonnées sur votre feuillet de messe ainsi que les coordonnées du site où vous pourrez trouver une multitude d’infos et de témoignages diverses. Soyez curieux, allez surfer sur le site !!!

MERCI   MERCI  MERCI

Livraison de lait en Haïti

Dans le chaos et l’insécurité totale, la livraison de 20T de lait en poudre à été livré en mains sures (Filles de la charité à port au Prince) pour une distribution dans les différentes missions bénéficiaires.

Ce lait est comme de l’or précieux pour tous les enfants souffrant de la pauvreté et de cette crise interminable.

Nous remercions la providence et tous nos partenaires !

Protection et assistance des migrants

Voici quelques extraits du rapport d’activité de la Caritas à Nouhadibou (Mauritanie) ainsi que le rapport complet en pdf

En Mauritanie, mais également dans d’autres pays du monde, en raison de la deuxième vague du COVID-19, plusieurs ONG ont dû fermer leurs bureaux et interrompre des projets sur le terrain. Le vide qui en résulte a accru l’exposition et la vulnérabilité des migrants et des réfugiés à Nouadhibou.

RES finance 2500 Euros soit 107 750 Mru, pour mettre en place un projet de protection sociale et sanitaire, afin de venir en aide d’urgence aux migrants et réfugiés; femmes et jeunes filles mineurs très éprouvés par la crise sanitaire.

la scolarisation des enfants des familles migrantes, réfugiées et mauritaniennes est devenue un véritable problème, du fait de la mobilité des parents et de leurs difficultés financières liées à la crise sanitaire.

Nous n’allons pas baisser les bras à cause des difficultés liées au Coronavirus, car nous avons la responsabilité d’aider les plus vulnérables, les migrants, réfugiés, hommes, femmes et enfants. Plus c’est difficile, plus il faut aimer pour le bonheur des plus nécessiteux.

 

Rapport du responsable Caritas à Nouahdibou, le 8 Avril 2021

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