Une « maman » pleine de douceur et sourire

Ce matin à Vangaindrano, c’est la messe d’adieu à Sœur Olga, directrice de l’école de la Communauté des Filles de la Charité. Les 1’690 élèves, de la maternelle au secondaire, sont tous là pour remercier leur regrettée patronne. La cérémonie, tout en prières, chansons, allocutions, dure deux heures et demie. Cette religieuse mérite bien toutes ces attentions, après 6 ans, seule à la barre à gérer les finances, le corps enseignants, les revendications et manquements financiers des parents d’élèves… Dès la semaine prochaine, Sœur Olga reprendra la responsabilité des écoles à Farafangana Ambatoabo.

La construction d’un bâtiment scolaire supplémentaire débutera prochainement ici à la Communauté de Vangaindrano; le Père Pedro financera l’achat des matériaux.

Chaque semaine, Sœur Béatrice rend visite aux prisonniers dans la nouvelle prison régionale ici à Vangaindrano pour y apporter des vivres et des soins médicaux. C’est également son humour et sa joie de vivre qu’elle transmet aux 160 détenus ; femmes, mineurs, hommes de tous âges. Tout le monde ici l’appelle « maman » avec douceur et sourire dans ce lieu pourtant austère et inhospitalier. Plus tard dans la journée, c’est également la visite hebdomadaire aux onze lépreux regroupés dans de petites maisons à l’extérieur de la ville. Là aussi, tout le monde l’attend avec le sourire malgré l’isolement de ces laisser pour compte, abandonnés de leurs familles. Du riz, du savon et un peu d’argent leur suffit pour ne plus venir quémander en ville. En plus du jardin potager communautaire à leur disposition, Sœur Béatrice a acheté quatre poules et un coq pour chaque malade. Quel magnifique exemple d’amour et de solidarité envers ces démunis.

Mahavoky Nord se situe à 60 km au nord de Mananjary. On peut y accéder par une piste en mauvais état (3-4 h. par temps sec) ou par voie navigable (5 h. de canot et 6 h. de pirogue). Aucun taxi-brousse ne s’aventure sur cet accès pourtant appelé «  route nationale 11 ». La bagnole de la Communauté est « fatiguée » et n’est plus que décor depuis un an. Quelques véhicules tous-terrains passent par là et permettent d’éviter de longs trajets à pieds aux voyageurs munis de quelque argent.  Plusieurs Congrégations ont été sollicitées par l’évêque pour servir en ce lieu retiré, mais seules les Sœurs Filles de la Charité n’ont pas eu peur de s’engager en 2016 dans cette lointaine campagne.

Plus de 50% des enfants de cette région ne sont pas encore scolarisés me confie Sœur Irma, responsable de la Communauté. Ils sont bergers ou travaillent aux champs. Il n’est pas rare que des adolescents de 12 – 14 ans se marient, deviennent parents et se quittent peu d’années après leur vie commune.

Un magnifique dispensaire sera inauguré le 30 mai prochain par l’évêque du diocèse Mgr José Alfredo. Comment ne pas apprécier, ici loin de tout, le lait pour nourrissons ainsi que  les médicaments envoyés par RES ?

Belle semaine à toutes et tous

François

Vangaindrano, Soeur Olga durant la messe d’adieu

Vangaindrano, beau jour pour les prisonniers

Vangaindrano, soeur Sup. Béatrice offre un peu d’argent et de vivre aux lépreux

Vangaindrano, soins à un lépreu

Mahavoky, salle d’attente provisoire du dispensaire

Mahavoky, patiente du dispensaire

Mahavoky, nouveau dispensaire

Mahavoky, maison des Soeurs à l’arrière plan

Mahavoky, les Soeurs de la Communauté avec leurs 2 orphelins

 

 

Ces gestes d’amour et de solidarité qui aident les plus pauvres

La piste Vangaindrano –Manambondro a été entretenue dernièrement et l’état de cette dernière est actuellement acceptable malgré quelques passages chaotiques. Par contre, le tronçon Manambondro – Manantenina, avec ses quatre rivières à traverser sur un bac, reste très difficile. C’est une succession de trous ou d’ornières creusés par des camions ou par l’érosion de l’eau, des zones sablonneuses redoutées par les motards que nous sommes, du gravillon mouvant sous le pneu, des pentes de plus de 30% d’inclinaison obligeant le passager à descendre quelques dizaines de fois de sa bécane. Sept heures sont nécessaires pour parcourir les quelques 65 kms qui séparent ces deux villages de brousse.

Quatre enfants issus de familles dans la misère sont totalement pris en charge par la Communauté des Sœurs Filles de la Charité à Manantenina. Ces jeunes, très amaigris lors de leur arrivée en ces lieux, ont repris des forces et fréquentent l’école de la place, gérée par des Pères. D’autres écoliers sans ressource bénéficient de la charité des religieuses, dont une fille très intelligente désirant devenir médecin. Ses parents parviennent à assumer le septième des frais de pension et de scolarisation, le solde étant pris en charge par la Communauté. Comment ne pas admirer ces gestes d’amour et de solidarité des Sœurs qui permettent à tant de jeunes innocents d’échapper à leur ghetto et qui sait, demain aideront d’autres nécessiteux.

Aujourd’hui, c’est un jour pluvieux pour se rendre à Ranomena à moto. Trois heures sont nécessaires pour parcourir les 42 km qui séparent ce village de montagne à Vangaindrano. Par endroits, la terre latéritique argileuse humectée d’eau est comparable à de la glace. C’est le constat observé lors de notre chute-glissade sans gravité. La différence se note à la couleur des habits.. !!

Ici au dispensaire de Ranomena, grand-maman Soamiray porte sa petite-fille Zafizoa de 2 mois dans ses bras ; ce bébé pèse 2.5 kg. Le même jour, cette bonne grand-maman a perdu son fils et sa fille, maman de la petite Zafisoa, suite à une violente épidémie de rougeole provoquant de nombreuses  victimes dans la région. La petite pleure, elle a faim, elle s’accroche aux seins taris de sa grand-maman. Heureusement, Sœur Céline, infirmière de la Communauté, possède et offre du lait 1er âge envoyé par RES. Beaucoup d’autres orphelins profitent encore de ce précieux lait que la Confédération suisse, généreuse par le passé, a stoppé, dons pourtant si bienfaisants en 2018.

Fraternellement

François

Manantenina, Soeur infirmière Véronique prodiguant des soins

Ranomena, chapelle de la Communauté

Ranomena, grand- maman Soamiray et sa petite-fille Zafisoa

Ranomena, élèves de la Communauté

Vangaindrano, mon pilote Memera et sa famille

 

Les besoins en lait pour nourrissons continuent d’augmenter

Les visites fraternelles des Communautés situées dans le voisinage de Vohipeno prouvent que les besoins en lait pour nourrissons augmentent constamment. Les orphelins sont toujours plus nombreux alors qu’un grand nombre de mamans sont tellement faibles et amaigries, qu’elles ne peuvent allaiter leur progéniture.

Isabelle et Pierre, couple français intéressé par le fonctionnement basé sur la gratuité de RES, m’accompagnent ici sur la côte sud-est de l’île. « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux », telle est la situation actuelle des « anges gardiens » de notre association. Le partage est une source de joie et de bonheur, venez !

Pierre et Isabelle en particulier, manifestent un authentique plaisir à rédiger et à transférer sur images les événements et les émotions qu’ils ressentent. Ce sera pour moi également une réjouissance de découvrir leurs propos.

Amitié   François

Tangainony -Farafangana, Isabelle et Pierre au fil de l’eau