Tandrokosy 4 salles de classe

« Il faut du temps et de la patience »

Progressivement, le dispensaire de Mahabo géré par les Sœurs Petites Servantes du Sacré Cœur de Jésus, inauguré en 2014, prend de l’importance. Jusqu’ici à Mahabo, petite ville d’environ 40’000 habitants située à 45 km à l’est de Moronda, il n’y avait qu’un petit hôpital public. Les gens pauvres n’avaient pas les moyens financiers pour payer des soins et des médicaments à l’hôpital. Chez les religieuses, tout le monde a accès aux soins. Pour les plus démunis, me dit Sœur Marie Emma Supérieure de la Communauté, nous utilisons les médicaments offerts par RES et Pharmacie Humanitaires internationale. Un grand merci pour ce précieux soutien. Aujourd’hui, c’est le jour de vaccination pour les bébés et pour les femmes enceintes. « Il faut du temps et de la patience » déclare encore Sœur Marie Emma, pour convaincre la population de l’importance des vaccins. A présent ils sont là, toujours plus nombreux à nous faire confiance.

Les accouchements s’effectuent encore régulièrement chez des matrones. Lorsque des difficultés surviennent, les mamans y laissent souvent leur vie, laissant derrière elles des orphelins, toujours plus nombreux. Les tuberculeux sont également en augmentation. Cela s’explique du fait de la diminution drastique des bœufs d’attelage, sauvagement volés à leur propriétaire. Les gens, sous la crainte, dorment mal et sont contraints de remplacer les bêtes pour les labours. La fatigue aidant, liée à un déséquilibre alimentaire, provoquent cette maladie pulmonaire grave, longue à traiter.

Je ne peux rencontrer Monseigneur Marie Fabien, actuellement en mission dans la capitale, mais j’ai l’opportunité de visiter deux petites écoles en bois à Tandrokosy, village de brousse situé à 15 km de Morondava. « Coup de Pouce », association de jeunes volontaires, a œuvré ici à la construction de quatre salles de classe, grâce à l’appui financier de RES. Frères Jean Rolland est très satisfait du travail réalisé. Malheureusement un cyclone à arraché la couverture du toit en feuilles de palmier. Aujourd’hui, des tôles d’occasion remplacent l’ancienne couverte. « Nous n’avions pas les moyens financiers pour couvrir à neuf ces bâtiments, mais nous avons eu l’opportunité de récupérer les tôles d’une ancienne église, détruite par les vents cycloniques, précise Frère Jean. Cent quatre-vingt élèves profitent de cette nouvelle infrastructure, enfants qui autrefois demeuraient analphabètes, pour la majorité d’entre eux.

Ici le problème, à Bemanonga chez les Sœurs de Notre Dame de la Salette et dans toute la région, c’est l’eau. Des rizières se sont asséchées suite à la succession d’années de sécheresse. Il en est de même avec le tarissement des puits ; le niveau de la nappe phréatique a baissé de façon conséquente. Il faudra approfondir les puits et les forages, et cela coûte cher. Ceci a pour conséquences un appauvrissement de la population. Beaucoup de parents ont des difficultés à payer les frais de scolarité ainsi que le matériel scolaire. Gageons que les années à venir rétablissent à nouveau l’équilibre hydrique d’antan.

Bon dimanche et belle semaine

François

Mahabo dispensaire

Mahabo dispensaire

Mahabo Soeur Supérieure Marie Emmanuelle

Mahabo Soeur Supérieure Marie Emmanuelle

Tandokosy - salle de classe en bois construite par Coup de pouce

Tandokosy – salle de classe en bois construite par Coup de pouce

Tandrokosy 4 salles de classe

Tandrokosy 4 salles de classe

Tandrokosy Frère Jean Roland

Tandrokosy Frère Jean Roland

Bemanonga la maison des Soeurs et des aspirantes

Bemanonga la maison des Soeurs et des aspirantes

Bemanonga Soeurs Miriame et Félicitée Geneviève

Bemanonga Soeurs Miriame et Félicitée Geneviève

Bemanonga - D'imposants baobabs dans la cour de la Communauté

Bemanonga – D’imposants baobabs dans la cour de la Communauté

Antsalova-soeur lucienne et le précieux lait RES

Ici, il est préférable d’être riche et en bonne santé.

Bonsoir tout le monde,

Le voyage en taxi-brousse, Tsiroanomandidy-Antsalova, dure 3 jours au minimum ; grâce au petit avion de François Xavier Mayer, dit Fifou, mis gracieusement à ma disposition, le même trajet a duré une heure. Survolé le pays en cette fin de saison des pluies est magnifique, tout est dans les tons de vert selon la maturité du riz et des végétaux. Dans quelques semaines, les terres noircies par les feux de brousse prendront malheureusement la place des paysages verdoyants. Cette tradition des brûlis perpétrée le plus souvent par les éleveurs afin de régénérer les herbages,  appauvrit en fait cruellement les terres, et n’est pas prête de s’éteindre.

Antsalova, petite bourgade de quelque 3’000 habitants, située sur la côte ouest de l’île à 750 km de la capitale, est isolée de tout. Le prix des produits régionaux, comme la viande, est convenable. Par contre, toutes les denrées étrangères à la région, à l’exemple des légumes, sont très chères. Le prix d’un kilo de poudre de lait en pharmacie coûte 50’000 Ariary (13€), l’équivalent d’un salaire mensuel d’une lavandière ou d’une femme de ménage. En 2013, lors de mon arrivée en ces lieux, m’explique Sœur Lucienne, supérieure de la Communauté, le prix du litre de lait local s’élevait à 300 Ariarys ; aujourd’hui, ce même litre s’acquiert à 4’000 Ariarys. Les voleurs de zébus, très nombreux dans cette région, en sont la cause. Merci à RES pour l’offre de médicaments et de lait qui « valent de l’or ». L’insécurité est grandissante ; pour la première fois de mon existence, j’ai un garde du corps qui me suit à la trace, l’avion est protégé par quatre policiers armés.

Ici, il est préférable d’être riche et en bonne santé. Il n’y a ni hôpital, ni médecin, ni ambulance ; en cas de maladie ou d’accident grave, la mort vous attend inexorablement. Le mérite des Sœurs, toujours proches des démunis malgré les dangers, est édifiant.

Belle fin de semaine

François

PS : la nuit fut cruelle à Antsalova. On m’apprend ce matin, avant mon départ en avion vers Morondava, qu’un père et son fils, propriétaires de zébus, ont été tués par balles alors que trois autres personnes sont grièvement blessées, attaquées qu’elles ont été à l’arme blanche. Un carnage pour le vol de sept zébus.

tsiroanomandidy-antsalova vue d'avion

tsiroanomandidy-antsalova vue d’avion

Antsalova les soeurs ursulines en compagnie du pilote-mikaya

Antsalova les soeurs ursulines en compagnie du pilote-mikaya

Antsalova-soeur lucienne et le précieux lait RES

Antsalova-soeur lucienne et le précieux lait RES

Antsalova en compagnie des filles de l'internat

Antsalova en compagnie des filles de l’internat

Antsalova sur le sentier d'accès à l'aérodrome en compagnie de mon garde du corps armé

Antsalova sur le sentier d’accès à l’aérodrome en compagnie de mon garde du corps armé

antsalova-le pilote mikaya et les gardes de l'avion

antsalova-le pilote mikaya et les gardes de l’avion

Antsalova-morondava-paysage idyllique

Antsalova-morondava-paysage idyllique

tsiroanomandidy-les soeurs et les aspirantes sur leur champ à la pause de midi

Une grande générosité pour permettre aux plus pauvres de devenir autonomes.

Bonsoir à toutes et tous,

Nonante deux kilomètres de pistes en terre séparent Tsiroanomandidy  à Ambalanirana, grand village campagnard d’environ 7’000 habitants. En temps sec comme actuellement, la moto est le moyen de transport rapide est idéal, sauf que mon pilote inexpérimenté m’a tout de même réservé deux chutes, sans gravité heureusement. Quelques bonnes courbatures qui passeront bien vite.

Dans cette bourgade sans électricité, loin de tout, les gens pratiquent principalement l’agriculture et l’élevage. Quelques personnes gagnent de petits salaires en pratiquant la pêche, à l’image de cet homme veuf, père de neuf enfants. Là encore, les Sœurs Ursulines offrent leur générosité pour accueillir les enfants aux repas de midi, payer leur scolarité ainsi que le matériel scolaire. Sœur Marie Madeleine, responsable de la Communauté, attend l’opportunité d’acheter un peu de terrain cultivable pour permettre à cette famille, et d’autres encore dans le besoin, de cultiver quelques denrées alimentaires et de gagner ainsi un peu d’autonomie.

Les Sœurs ne se plaignent pas malgré leurs conditions de vie difficiles. Beaucoup de travail avec l’accueil de plus de 900 élèves, l’organisation d’une cantine scolaire, la gestion d’un atelier de promotion féminine, l’enseignement de la catéchèse à quelque 600 enfants et adultes. Et puis des soirées pas si attrayantes ; pas de journaux, pas de télévision, des lampes, reliés à des panneaux solaires défectueux, qui perdent progressivement de leur intensité pour s’éclipser à 20 h. L’argent manque pour réparer le véhicule de la Communauté, « sur les plots » depuis 3 mois.

Un projet de restauration de l’installation des panneaux solaires est actuellement en cours. Merci infiniment à RES pour l’offre de son lait.

Les Sœurs Ursulines de Tsiroanomandidy sont également limitées dans leur budget financier. Leur vieux véhicule tout-terrain est en panne depuis un an, les réparations coûtent trop chères. Il faudrait un nouveau véhicule, mais l’argent manque. Seules deux religieuses étrangères de la Congrégation sont encore présentent à Madagascar : les Sœurs malgaches ont elles, plus de difficultés à s’entourer de bienfaiteurs.

Pourtant, le découragement n’est pas de mise. Aujourd’hui 1er mai, jour férié, trois Sœurs et dix aspirantes sont aux champs, pour travailler sur un terrain cultivable de 1.66 ha que la Communauté a acquis dernièrement à un prix préférentiel (3’000’000 Ariary ou 800 €). Le revenu des récoltes permet de gagner en autonomie et de former des jeunes aux travaux maraîchers.

Grâce à François-Xavier (Fifou) et à son équipe, j’aurai la chance de voyager vers Antsalova via Morondava en avion. La difficulté a été de s’assurer du bon état de la piste de l’aérodrome d’Antsalova. Il y avait de grandes herbes, aucun avion n’a atterri là-bas depuis janvier dernier.

Amitié

François

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ambalanirana-soeur Supérieure Marie madeleine

tana-tsiroanomandidy-rizières avec différents taux de maturité

tana-tsiroanomandidy-rizières avec différents taux de maturité

tsiroanomandidy-soeur supérieure suzanne sur leur champ après la récolte du riz

tsiroanomandidy-soeur supérieure suzanne sur leur champ après la récolte du riz

tsiroanomandidy-les soeurs et les aspirantes sur leur champ à la pause de midi

tsiroanomandidy-les soeurs et les aspirantes sur leur champ à la pause de midi

tsiroanomandidy-une belle récolte de riz séchée au soleil

tsiroanomandidy-une belle récolte de riz séchée au soleil

tsiroanomandidy-maison de pauvres en terre

tsiroanomandidy-maison de pauvres en terre

ambalanirana-village d'environ 7000 habitants

ambalanirana-village d’environ 7000 habitants

Antsirabe-fch-soeur-noeline-martine et delphine handicapées des jambes

Trouvons 1300 euros pour offrir une vie décente à 2 orphelines !

Actuellement, une trentaine de jeunes reçoivent quotidiennement des soins aux Centre de rééducation pour enfants handicapés à Antsirabe géré par les Sœurs Filles de la Charité. Martine et Delphine, jumelles, orphelines, 13 ans, sont ici depuis 3 ans. Leur maman est décédée et leur papa, pauvre, s’occupe de ses trois autres enfants en brousse. Cette durée est anormalement longue en raison de la fragilité extrême des os des jambes de ces deux adolescentes ; les ruptures se succèdent l’une après l’autre. Quel est l’avenir de ces deux sœurs sans intervention médicale ? Le médecin propose l’implant de « clous télescopiques » à chaque jambe. Le problème, c’est le prix de l’intervention qu’ici personne ne peut assumer. Chaque « clou » coûte 850’000 Ariary alors que les frais hospitaliers (équipe médicale, bloc opératoire) s’élèvent à 1’600’000 Ar., soit au total 5’000’000 Ar. (1’300€). L’espoir demeure de trouver les fonds nécessaires pour offrir une vie décente à ces deux orphelines.

Sœur Noëline remercie chaleureusement RES pour l’envoi du lait, ce lait si important pour ces jeunes enfants handicapés en traitement. Les vingt cartons ont été facturés 400’000 Ar. par ECAR, argent précieux pour cette Communauté qui gère un budget très serré.

Sœur Bernadette est la nouvelle responsable du grand Centre des Ursulines à Andraïkiba, village situé à 7 km d’Antsirabe. En effet, plus de 1’300 enfants et étudiants fréquentent les écoles gérées par les religieuses ; école primaire, secondaire, lycée enseignement général et lycée agricole. La catéchèse est enseignée à 1’100 enfants et adolescents alors que 24 aspirantes suivent leur cursus en ces lieux.  Chaque jour, 100 enfants issus de familles très pauvres mangent à la cantine scolaire. Le riz, aliment de base, est consommé à raison de 150 kg/semaine, ce qui représente une part importante du budget de la Communauté. Le jardin potager est vaste et bien entretenu par un jardinier, les Sœurs ainsi que les aspirantes. Cet « auto-approvisionnement » nous aide beaucoup financièrement, me confie Sœur Bernadette. L’entretien des bâtiments est également un souci permanent. La peinture des façades est à renouveler tous les 3 à 5 ans.

Il y a quelques mois, le Père Emeric, présent depuis de très nombreuses années à Madagascar m’informait : « il ne faudrait jamais crépir et peindre les murs, laissé la brique rouge telle qu’elle, naturelle ». La preuve est bien là : des édifices en briques rouges de plus de 40 ans sont toujours magnifiques, sans frais d’entretien jusque là. A bon entendeur….

Un chaleureux merci à RES pour l’achat d’une charrette à Zébus facilitant grandement le transport des produits maraichers cultivés dans les champs d’application pratique du lycée agricole.

Belle semaine

François

 

Antsirabe-viel édifice en briques rouges

Antsirabe-viel édifice en briques rouges

Andraikiba-les aspirantes jardinieres

Andraikiba-les aspirantes jardinieres

Andraikiba-la charrette offerte par le RES

Andraikiba-la charrette offerte par le RES

Andraikiba-sr bernadette-nouvelle supérieure de la communauté

Andraikiba-sr bernadette-nouvelle supérieure de la communauté

Antsirabe-fch-soeur-noeline-martine et delphine handicapées des jambes

Antsirabe-fch-soeur-noeline-martine et delphine handicapées des jambes

Antsirabe-des enfants de la rue

Antsirabe-des enfants de la rue

ambatoabo-distribution de riz aux pauvres

La pauvreté est grandissante

Bonjour à tous,

Comme dans toutes les Communautés, les religieuses de Farafangana Sacré Cœur s’occupent des pauvres venant frapper à leur porte. Ce n’est pas rare de payer les frais d’hospitalisation de malades démunis de tout, précise Sœur Odile. Sans argent, tu ne rentres pas dans un hôpital public. On a coupé le pied à un éleveur après lui avoir volé son troupeau. Cet homme a aujourd’hui tout perdu et se retrouve gravement blessé, sans argent. Heureusement pour lui, les Sœurs sont à ses côtés pour le soulager psychologiquement et financièrement. D’autres éleveurs et propriétaires fonciers, victimes de vols de leur troupeau et blessés, sont dans l’obligation de vendre leurs terres pour payer les frais d’hospitalisation. Ils ont tout perdu et certains quittent leur village pour aller grossir les rangs des démunis en ville. Ces violences et ces vols inacceptables, quelques fois perpétrés de connivence avec l’armée ou la police, ont non seulement des conséquences dramatiques pour les familles victimes, mais la rareté du lait local s’accentue encore en parallèle avec la disparition des attelages.

Le Centre d’Ambohigogo, situé à 34 km à l’ouest de Farafangana, est relié à cette ville par une piste en terre par endroit défoncée. Le dispensaire de la Communauté, dans ce petit village retiré, est très apprécié de la population régionale. De petites cases permettent l’hospitalisation de certains patients faibles et nécessitant un suivi médical. Les tuberculeux logent également dans une maison en bois proche du dispensaire durant leur traitement. Le confort y est par contre rudimentaire. Une simple natte sépare les planches des lits aux malades décharnés. Un devis pour l’achat de matelas est en préparation.

Moteur pétaradant et polluant, c’est toujours un moment particulier de se rendre à Tangainony en canot. L’alimentation du moteur en gasoil s’effectue par un tuyau bricolé relié à un jerrican pendu au plafond de l’embarcation alors que le refroidissement de l’engin est assuré par l’eau puisée dans le fleuve. Un jeune adolescent rempli régulièrement un autre bidon suspendu en dessus de la mécanique. Six litres d’eau /minute sont nécessaires pour garantir le bon fonctionnement du tout, ce qui représente environ 1’000 litres au terme de l’épopée de deux heures quarante cinq minutes.

La pauvreté est ici grandissante, m’explique Sœur Jacqueline, infirmière. Les femmes enceintes n’ont pas l’argent pour accoucher à l’hôpital et mettent au monde leur enfant à domicile. Dès qu’un problème survient, c’est souvent le drame et la maman laisse sa famille orpheline. Aujourd’hui, le dispensaire de la Communauté accueille 55 orphelins. Les médicaments de « Pharmacie Humanitaire Internationale » envoyés par RES sont d’un grand secours et Sœur Jacqueline me prie de transmettre ses remerciements à tous les acteurs de ces précieux dons.

Ce lundi de Pâques, les moteurs des canots font silence. C’est en pirogue que je regagne Farafangana. Il est 04.00 h., le ciel est étoilé avec une pleine lune, la pirogue glisse sur l’eau aux chants des oiseaux. L’air pur, le calme, la nature verdoyante, quoi de plus divin, de plus reposant ?

Ce matin, 160 pauvres attendent ici à la Communauté d’Ambatoabo leur ration de riz hebdomadaire. Avec les lépreux, les tuberculeux, ce sont 13 sacs de 50 kg de riz consommés par semaine. Le nombre de nécessiteux ne diminue pas avec l’arrivée ce matin de 4 jeunes orphelins accompagnés de leur grand-maman. Le père est en traitement psychiatrique et la maman est morte avec son bébé lors de l’accouchement. L’argent nécessaire à l’achat de ce produit alimentaire de base est difficile à trouver, m’explique Sœur Téodora, responsable du Centre. Quelques dons privés spontanés sauvent parfois la situation.

Au plaisir

François

PS : excellente nouvelle pour le Centre d’Ambatoabo qui vient de recevoir sa lettre d’agrément après plusieurs mois de labeur et de pénibles tracasseries administratives.

farafangana-ambatoabo-4 petits orphelins

farafangana-ambatoabo-4 petits orphelins

Moramanga-Ambatondrazaka-ça passera...

L’ouverture d’une classe secondaire, une aubaine pour les jeunes.

Bonjour à tous,

La région d’Ambatondrazaka, située au nord-est de la capitale, est considérée comme le grenier de riz du pays. Le grain, fin et d’excellent goût, ne se gorge pas d’eau en le cuisant et ne colle pas. L’exploitation de bois, à la vue des innombrables camions chargés de grumes équarries à la hache quittant la province, est également importante. Les meules à charbon en combustion, composées de petits bois d’eucalyptus, embaument ça et là l’atmosphère.

La route d’accès, rénovée et en bon état il y a deux ans, s’est considérablement dégradée. Le taxi-brousse de service a mis 9 heures pour parcourir les 158 km séparant Morondava à Ambatondrazaka. Les « nids d’éléphants » et les ornières ont fait leurs apparitions sous les charges incontrôlées des innombrables camions. Devant chaque pont, nombreux dans la région, un panneau de signalisation indiquant 25 tonnes maximales, est compréhensible en toutes les langues. Pourtant, d’immenses semi-remorques cinq essieux passent par là, pneus ployant sous la charge atteignant gaiement les 60 tonnes. La police est bien présente, plus de dix postes sur le parcours. Les gestes galants des hommes en uniformes pour arrêter le trafic, contrôler les papiers et même le passeport, paraissent d’une maîtrise totale de la situation ! Mais voilà, quand l’intérêt privé passe avant celui de la collectivité, rien ne peut fonctionner. Comment progresser dans une telle anarchie ?

Les Sœurs Vocationnistes à Manakambahiny ont, pour la première année, ouverts une classe secondaire de 30 élèves dans leur Centre en plus de l’école primaire introduite en 2011, année de la fondation de la Communauté. Autrefois, dans cette région rurale, beaucoup d’enfants ne fréquentaient pas l’école avant l’arrivée des religieuses, en raison principalement de l’éloignement d’un centre scolaire. L’ouverture  d’une classe secondaire est une aubaine pour la grande majorité des jeunes qui, auparavant terminait leur scolarité en primaire.

La Communauté est pauvre, raison pour laquelle le groupe produisant l’électricité du Centre est actionnée très rarement en raison du prix élevé du gasoil. Sœur Esther, responsable des lieux, me dit avoir mauvaise conscience de consommer chèrement de l’électricité alors que tant de gens ne mangent pas à leur faim. Un petit projet d’installation de panneaux solaires sera prochainement à l’étude.

A Ambatondrazaka, Sœur Luciana, infirmière des prisonniers malades, m’emmène visiter la prison. Cette dernière a pris l’initiative d’améliorer le lieu de vie des 38 femmes actuellement emprisonnées. Le fond de la petite cour intérieure, autrefois en terre, est aujourd’hui bétonné et propre. Des armoires à casiers ont été confectionnées pour entreposer les habits qui anciennement jonchaient le sol. Les 5 mamans accompagnées de leur bébé dorment dans un local à part, sur des lits. Malgré cela, me confie une détenue, l’absence de liberté est pénible à supporter, surtout le soir où la pénombre occupe les lieux à partir de 18 h. La pitance quotidienne se limite à 100 grammes/jour de manioc cuit à l’eau. Les prisonnières privilégiées reçoivent occasionnellement  un peu de nourriture de leur famille.

De passage à Antananarivo avant de voyager sur la côte est, un chauffeur de bus urbain me dit qu’il débute son travail le matin à 04.00 h. et le termine à 19.00 h., ceci du lundi au samedi. Travailler 15 heures par jour lui rapporte 10’000 Ariarys, soit environ 2,6 €. Ici à la capitale, son salaire quotidien lui permet d’acheter 5 kg de riz ou 800 grammes de viande de poulet. Et quel temps lui reste-t-il pour s’occuper de sa famille ou pour ses loisirs ? De plus dans ce brouhaha, ces embouteillages interminables, cette poussière, cette atmosphère irrespirable, sa santé payera le prix cher.

Belle semaine.

François

Moramanga-Ambatondrazaka-ça passera...

Moramanga-Ambatondrazaka-ça passera…

Moramanga-Ambat.-admirer le contrôleur au dessus du talus

Moramanga-Ambat.-admirer le contrôleur au dessus du talus

Moramanga-Ambat.-meule à charbon en préparation

Moramanga-Ambat.-meule à charbon en préparation

Charette

Merci pour vos dons !

chers bienfaiteurs,

nous avons la joie de vous communiquer que nous avons eu la charrette acquise grâce à votre soutien matériel. la voici déjà au travail. nous tenons à vous remercier pour ce don précieux.

Dieu vous bénisse

les soeurs ursulines d’Andraikiba

Charette

Charette

ananjary-Ambatolambo-physiothérapeute engagée au centre de rééducation.

Un travail remarquable pour améliorer le quotidien des pauvres

Toutes les Sœurs de la nouvelle Communauté des Filles de la Charité à Mahavoky-Nord sont exceptionnellement en déplacement durant cette semaine. C’est à Mananjary que j’ai l’opportunité de rencontrer Sœur Irma, la responsable du Centre. L’ensemble des pièces administratives est à jour, seul reste le sceau du Centre à y apposer.

C’est en 2016 que la maison des Sœurs a été construite dans ce village retiré d’environ 3’000 habitants situé à 60 km au nord-ouest de Mananjary. On peut s’y rendre par voie fluviale en 10 heures (5 h. de canot et 5 h. de pirogue) ou avec un véhicule tout-terrain. La durée du trajet par voie terrestre varie entre 4 à 8 heures, selon les périodes. En saison des pluies, il arrive même d’être isolé du monde durant quelques jours. Les visites médicales s’effectuent provisoirement dans le bureau et le parloir de la résidence des religieuses avant qu’un dispensaire voit le jour. A part la présence d’un peu de culture maraîchère et d’élevage, de petites exploitations de pépites d’or font légion. Les revenus sont généralement faibles, mais les dangers sont grands. Dernièrement, cinq personnes ont été ensevelies suite à l’effondrement de galeries. Le sol est fertile, mais il n’est pas dans les traditions de cultiver des légumes. Les Sœurs donnent des semences, instruisent  et encouragent la population à entretenir un jardin potager ou à élever de la volaille, des porcs, des bovins. Six familles pauvres profitent de parcelles de terre offertes gracieusement par la Communauté. En parlant de traditions malgaches, il en est qu’il serait souhaitable d’oublier à jamais, à l’image des enfants jumeaux abandonnés par leurs parents dans cette contrée. L’histoire dit que lors d’une révolution, un enfant jumeau aurait pleuré alors qu’il était réfugié dans une grotte en compagnie d’un grand nombre de personnes ; l’ennemi les repéra et toutes auraient trouvé la mort.

La région est riche en forêts de bambous que la population néglige; là aussi, les Sœurs s’activent à mettre en valeur ce produit naturel intéressant. Les villageois consomment généralement de l’eau impropre provoquant beaucoup de maladies intestinales ou des bilharzioses. Un puits a été construit au centre du village par les Sœurs afin d’enrayer ces affections.

Un travail remarquable a donc déjà été réalisé par cette Communauté qui s’investit corps et âme pour améliorer le quotidien de ces campagnards humbles, nécessiteux.

A la Communauté de Mananjary Ambatolambo chez les Sœurs Petites Servantes du Sacré Cœur, un centre de rééducation pour enfants infirmes vient de voir le jour. Cette structure est très appréciée par les parents de ces jeunes qui jusqu’ici étaient livrés à eux-mêmes.

François

 

Un peu d’histoire…

Ouvert officiellement à la navigation en 1901, le canal des Panganales  devint une voie fluviale de 665 km s’étendant de Foulpointe à Farafangana sur la côte sud-est de l’île. Ces gigantesques travaux effectués dans des lieux marécageux infestés de crocodiles permirent l’ouverture de cette voie de communication et de naviguer en toute tranquillité contrairement aux passages risqués sur les eaux tumultueuses de l’Océan Indien. Par manque d’entretien, ce canal devint progressivement obstrué par les jacinthes d’eau qui l’envahisse.  Aujourd’hui les gros bateaux ne passent plus et son usage est désormais exclusivement local et touristique.

Mananjary-maisons de pauvres

Mananjary-maisons de pauvres

Manajary-maman handicapée ayant perdu ses jambes.

Manajary-maman handicapée ayant perdu ses jambes.

Mananjary-canal des Pangalanes.

Mananjary-canal des Pangalanes.

Mananjary-Fianarantsoa-taxi-brousse...-il y a toujours encore une petite place.

Mananjary-Fianarantsoa-taxi-brousse…-il y a toujours encore une petite place.

Mananjary-Ambatolambo-un petit patient du centre de rééducation

Mananjary-Ambatolambo-un petit patient du centre de rééducation

ananjary-Ambatolambo-physiothérapeute engagée au centre de rééducation.

ananjary-Ambatolambo-physiothérapeute engagée au centre de rééducation.

Mananjary-Sr Irma-responsable de la Communauté de Mahavoky.

Mananjary-Sr Irma-responsable de la Communauté de Mahavoky.

vangaindrano-l'hopital public

Isolés, abandonnés à leur sort

Ranomena est situé à 42 km de Vangaindrano. Cette petite bourgade campagnarde est reliée à la capitale régionale par une piste en très mauvais état. L’accès d’arrivée au village est si endommagé, détérioration provoquée par l’érosion de l’eau entre de gros blocs, que deux véhicules tout-terrain sont en réparation, bloqués sur place. Même les caïds de la moto ont des difficultés à franchir les obstacles, même sans passager, seuls sur leur engin.

Isolés, abandonnés à leur sort, les habitants de cette région sont pour la plus grande majorité très pauvres. Ils vivent principalement de l’élevage et de l’agriculture. Cette pauvreté extrême provoque malheureusement des débordements et des mauvaises conduites. Sœur Philomène, responsable de la Communauté, m’informe qu’une famille de huit personnes a été la proie des voleurs ; on les a dépouillés de tout, jusqu’à leurs vêtements. Elles se sont retrouvées intégralement nues dans la rue. Les voleurs de zébus font également légion dans la région et découragent les éleveurs à poursuivre leur gagne-pain.

Avant de quitter Vangaindrano, je me suis rendu à l’hôpital rendre visite à la fille sauvagement agressée par son ex-ami dans la nuit du 5 avril dernier. Ses graves blessures laisseront d’importantes cicatrices, mais ses jours ne semblent heureusement plus en danger. Les conditions de séjour sont difficiles ; huit patients occupent la même chambre, non ventilée, malgré la chaleur étouffante. Ce sont de simples lits et lorsque le malade alité n’a pas la force de se tenir assis, un membre de la famille se place dos à dos avec ce dernier. En sus du problème médical, le souci de beaucoup de familles pauvres, c’est de trouver l’argent nécessaire pour financer l’hospitalisation et les frais d’achat des médicaments. Il n’y a aucune assurance ; il faut emprunter. Il arrive que des usuriers demandent des taux d’intérêts exorbitants et la famille mettra des années à rembourser sa dette.

Belle semaine.

François

ranomena-soeurs-philomene pascaline et marie-therese

ranomena-soeurs-philomene pascaline et marie-therese

ranomena-la  maison d'accueil

ranomena-la maison d’accueil

Vangaindrano-Natacha victime d'une agression sur son lit d'hôpital

Vangaindrano-Natacha victime d’une agression sur son lit d’hôpital

Manantenina-des enfants pauvres mais souriants

La cloche de l’église sonne, c’est ici une tradition lors d’événements graves.

Bonjour à tous,

Rendre visite aux Sœurs Filles de la Charité à Manantenina est toujours particulier en raison de l’état de la route et le passage de cinq bacs. Malgré la restauration d’un premier tronçon, il faut tout de même 9 heures en moto pour parcourir les 158 km qui sépare ce village à Vangaindrano. Les Sœurs sont très appréciées dans ce village retiré et pauvre, en raison principalement des terres peu fertiles. La roche pointe souvent son nez en surface du sol. Depuis quelques mois, quatre familles très pauvres bénéficient de petites maisons en bois financées par les religieuses. Le petit dispensaire de la Communauté a une très bonne réputation. Sœur Véronique remercie infiniment RES pour l’envoi des médicaments.

La soirée dans cette petite bourgade est très calme avant que des pluies diluviennes tambourinent violemment sur les tôles, juste en dessus de la chambre de la Communauté que je partage avec le pilote de la moto, Raymond. Le retour vers Vangaindrano sur cette piste en terre détrempée s’annonce difficile. Après un départ retardé en raison d’une panne de moteur, la succession de grandes flaques d’eau sur la chaussée est impressionnante avec les pluies toujours aussi abondantes. La vitesse de croisière est plutôt lente jusqu’au moment où la progression s’arrête nette dans une mare de quelques 50 m2, profonde. La roue avant bloque dans le bourbier et nous voilà les deux en position horizontale dans cette eau trouble. Quelques petites égratignures insignifiantes, mais le moteur de la moto, mon appareil photo et mon portable n’ont pas trop apprécié la baignade !! La journée est terminée pour la moto qui sera chargée sur une rare camionnette qui passa par là. Cette piste est vraiment redoutée puisque le jour précédent seuls quatre véhicules nous ont croisés en neuf heures de trajet.

Raymond poursuit la route vers Vangaindrano en compagnie des sympathiques occupants malgaches de la camionnette alors que moi-même je m’arrête à Manambondro visiter le Centre des Sœurs Missionnaires de l’Evangile arrivée en ces lieux en 2013, suite au départ des Pères Diocésains. 250 enfants fréquentent l’école maternelle et primaire gérée par la Communauté. L’internat accueille 30 enfants orphelins issues de familles très pauvres. Sœur Sidonie remercie RES pour le financement des frais de scolarité de 15 élèves et pour des médicaments. Sœur Edia, infirmière diplômée, collabore étroitement avec le médecin de l’hôpital public dans l’attente d’une autorisation d’ouverture du dispensaire.

Il est deux heures lorsque l’on frappe à ma porte pour m’aviser qu’il y a des blessés à transporter à l’hôpital à Vangaindrano avec le véhicule du Père Johannes et que je peux l’accompagner. En fait, deux femmes victimes sont gravement blessées. La plus jeune, 21 ans, a quitter son compagnon qui a perdu la tête. Muni d’une machette, ce dernier la blesse profondément au cou et au bras, alors que la maman, accourt secourir sa fille, a les jambes tailladées de toutes parts et perd beaucoup de sang. Sœur Edia administre les premiers soins et pose une poche de Sérum à chaque victime. Ce petit hôpital ne possède pas de réserve de sang. La cloche de l’église sonne, c’est ici une tradition lors d’événements graves. Quelques 2 à 300 personnes entourent le véhicule 4×4 à son départ à 03.30 h. Les violentes secousses se succèdent sans interruption. « L’ambulance malgache » s’embourbe ; il faudra 15 minutes pour sortir du piège. Les gémissements des blessées sont bouleversants. L’aiguille reliant la poche de Sérum de la maman s’arrache sous l’effet des chocs. A mi-parcours, c’est la stupeur ; la maman vient d’émettre son denier souffle. Sa fille à ses côté implore « maman je t’aime, ne me quitte pas ». Il est 08.40 h., les portes de l’hôpital s’ouvrent après 58 km de calvaire.

Jamais un voyage ne fut si long et éprouvant émotionnellement.

La défunte, 39 ans, héroïne d’avoir protégé sa fille, fera son dernier voyage de retour en compagnie des anges.

François

manant-manambondro-4x4 malgache

manant-manambondro-4×4 malgache

Manantenina-des enfants pauvres mais souriants

Manantenina-des enfants pauvres mais souriants

manantenina-une maison de pauvres financée par la communauté

manantenina-une maison de pauvres financée par la communauté

Manantenina-l'école publique

Manantenina-l’école publique

Manantenina-mon pilote raymond

Manantenina-mon pilote raymond

manantenina-le dispensaire du centre

manantenina-le dispensaire du centre