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Patience, Pauvreté, Prière

Voyage Madagascar du 1er mai au 18 mai 2018

Je suis toujours surprise quand j’arrive à Tana de trouver cette densité de population, partout la mendicité des enfants, les embouteillages, la pollution…mon chauffeur m’expliquera qu’il existe une dizaine de degrés d’écart entre le centre de Tana et la banlieue et je le vérifie !  A la sortie de la ville et jusqu’à mon arrivée à Vohipéno, les paysages sont magnifiques : nous sommes au coeur de l’hiver  (entendre qu’il fait 27 à 30 ° la journée, sauf sur les hauts plateaux d’Antsirabe), le contraste entre les nuances de vert  et la terre rouge est splendide.

Arrivée à Vohipéno au centre du Père Emeric, j’ai le grand plaisir de retrouver des visages connus, l’accueil est chaleureux et le sourire malgache ne fait pas défaut comme d’habitude. Je suis toutefois surprise par la progression de la pauvreté, palpable dans cette région de Madagascar, les sœurs me le confirmeront par la suite… Comment cela est-il possible ??? Madagascar est malheureusement monté sur la 3emarche du podium des pays  les plus pauvres au niveau mondial !

A Andemaka au foyer des Filles de la Charité Marie Immaculée, je suis accueillie par Sœur Louise d’origine italienne et à Madagascar depuis 52 ans. Nous avons mis 2h pour faire 20 km, c’est donc un centre isolé pour le ravitaillement tout comme celui du Foyer des Handicapés  distant d’un petit kilomètre.

Sœur Louise au regard bleu intense et plantant son regard dans le mien me précise ceci : « Tâchons de faire plus avec moins et remettons  le tout entre les mains du Seigneur »… Cette phrase tournera en boucle dans ma tête pendant tout mon séjour.

Toutes les sœurs travaillent sans relâche, s’occupent des enfants handicapés, des orphelins, des vieillards abandonnés par leur famille, des malades mentaux… Dans cette région, la problématique est la même pour les 4 centres visités : il faut dès maintenant commencer à penser à la période de rupture (2e semestre), récupérer du riz et des couvertures. Sœur Clotilde responsable de la communauté de Lucien Botovasoa remercie d’ailleurs vivement le RES pour le riz et les matelas achetés en avril dernier (cf photo ).  Et bien sûr il y a le problème du Lait : combien de fois n’ont-elles pas remercié le RES et prié avec nous pour que des donateurs se fassent connaître et prennent conscience de l’urgence de la situation ? J’ai constaté avec stupeur lors de la distribution de lait à Tanjomoha tous les mercredis que le nombre de bénéficiaires par rapport à mon 1er voyage en 2015  avait largement augmenté: toutes ces mamans qui n’hésitent pas à faire 20 km aller retour pour bénéficier de cette manne providentielle (cf photo). Les bébés profitant de ce programme alimentaire sont pesés régulièrement et leur périmètre crânien et brachial est mesuré afin de s’assurer que le lait leur est bien donné pendant la semaine : Sœur Béatrice, la sœur infirmière du dispensaire donne les conseils et les encouragements  nécessaires durant les 4 à 5 heures que dure la distribution, sans se départir de son sourire !

Les demandes sont multiples dans ces 4 centres, j’imagine comme dans tous les centres visités par les anges gardiens à Madagascar : il faut donc cerner les priorités, ce que font avec beaucoup de gentillesse toutes les sœurs. Je m’aperçois cependant que beaucoup d’entre elles sont actuellement malades avec le Paludisme et la fièvre Typhoïde et elles ne se soignent pas toujours correctement. Le soin des missionnaires est sans nul doute la première des priorités et elles m’ont toutes affirmé qu’elles étaient très sensibles au fait que le RES se préoccupe de leur santé.

Enfin, et pour terminer, 2 évènements majeurs ont ponctué mon séjour : la béatification de Lucien Botovasoa (tertiaire de Saint François) le 15 avril dernier, évènement encore bien présent  dans tous les esprits, et la Fête de Louise de Marillac la fondatrice avec Saint Vincent de Paul des Filles de la Charité. Le Père Emeric a eu la grande responsabilité d’organiser la fête de la béatification et je peux vous assurer que c’était un très gros chantier !!!

Le RES a pour mission de soutenir toutes ces religieuses et religieux qui travaillent sans relâche pour apporter un peu de réconfort et le minimum vital à tous ces laissés pour compte : une des sœurs m’a confié que le regard et l’écoute des anges gardiens qui venaient les visiter étaient pour elles une grande espérance et que cela les aidait à respecter  les 3 « P » du Pape François : Patience, Pauvreté, Prière…Quel encouragement pour nous tous, bénévoles, bienfaiteurs et partenaires du RES !

 

Geneviève BOUDARD     Mai 2018

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