Antsalova-soeur lucienne et le précieux lait RES

Ici, il est préférable d’être riche et en bonne santé.

Bonsoir tout le monde,

Le voyage en taxi-brousse, Tsiroanomandidy-Antsalova, dure 3 jours au minimum ; grâce au petit avion de François Xavier Mayer, dit Fifou, mis gracieusement à ma disposition, le même trajet a duré une heure. Survolé le pays en cette fin de saison des pluies est magnifique, tout est dans les tons de vert selon la maturité du riz et des végétaux. Dans quelques semaines, les terres noircies par les feux de brousse prendront malheureusement la place des paysages verdoyants. Cette tradition des brûlis perpétrée le plus souvent par les éleveurs afin de régénérer les herbages,  appauvrit en fait cruellement les terres, et n’est pas prête de s’éteindre.

Antsalova, petite bourgade de quelque 3’000 habitants, située sur la côte ouest de l’île à 750 km de la capitale, est isolée de tout. Le prix des produits régionaux, comme la viande, est convenable. Par contre, toutes les denrées étrangères à la région, à l’exemple des légumes, sont très chères. Le prix d’un kilo de poudre de lait en pharmacie coûte 50’000 Ariary (13€), l’équivalent d’un salaire mensuel d’une lavandière ou d’une femme de ménage. En 2013, lors de mon arrivée en ces lieux, m’explique Sœur Lucienne, supérieure de la Communauté, le prix du litre de lait local s’élevait à 300 Ariarys ; aujourd’hui, ce même litre s’acquiert à 4’000 Ariarys. Les voleurs de zébus, très nombreux dans cette région, en sont la cause. Merci à RES pour l’offre de médicaments et de lait qui « valent de l’or ». L’insécurité est grandissante ; pour la première fois de mon existence, j’ai un garde du corps qui me suit à la trace, l’avion est protégé par quatre policiers armés.

Ici, il est préférable d’être riche et en bonne santé. Il n’y a ni hôpital, ni médecin, ni ambulance ; en cas de maladie ou d’accident grave, la mort vous attend inexorablement. Le mérite des Sœurs, toujours proches des démunis malgré les dangers, est édifiant.

Belle fin de semaine

François

PS : la nuit fut cruelle à Antsalova. On m’apprend ce matin, avant mon départ en avion vers Morondava, qu’un père et son fils, propriétaires de zébus, ont été tués par balles alors que trois autres personnes sont grièvement blessées, attaquées qu’elles ont été à l’arme blanche. Un carnage pour le vol de sept zébus.

tsiroanomandidy-antsalova vue d'avion

tsiroanomandidy-antsalova vue d’avion

Antsalova les soeurs ursulines en compagnie du pilote-mikaya

Antsalova les soeurs ursulines en compagnie du pilote-mikaya

Antsalova-soeur lucienne et le précieux lait RES

Antsalova-soeur lucienne et le précieux lait RES

Antsalova en compagnie des filles de l'internat

Antsalova en compagnie des filles de l’internat

Antsalova sur le sentier d'accès à l'aérodrome en compagnie de mon garde du corps armé

Antsalova sur le sentier d’accès à l’aérodrome en compagnie de mon garde du corps armé

antsalova-le pilote mikaya et les gardes de l'avion

antsalova-le pilote mikaya et les gardes de l’avion

Antsalova-morondava-paysage idyllique

Antsalova-morondava-paysage idyllique