manakara une maman et son bebe en attente du lait

Constamment à l’écoute des cris de détresse

Bonjours à tous,

Le voyage, pour parcourir en taxi-brousse les 495 km qui séparent Antananarivo à Manakara, a duré 17.00 h. Les pertes de temps ont été nombreuses aux arrêts lors de la formation de « colonnes » réunissant un grand nombre de véhicules à l’entrée des parcours désignés « zones rouges ». Cette façon de procéder augmente sensiblement la sécurité face aux dangers d’attaque de voitures par des voleurs.

En rentrant dans la cour de la Communauté des Sœurs Filles de la Charité à Manakara, c’est une cinquantaine de mamans pauvres accompagnées de leurs enfants qui attende la distribution du lait offert par la Confédération suisse. La fourniture de ce précieux aliment nutritif disparaîtra malheureusement totalement dès la fin de l’année en cours. Cette décision incompréhensible de l’Autorité helvétique est inquiétante pour l’avenir. « Beaucoup d’enfants et d’adultes dénutris ont été sauvés jusqu’ici grâce au lait » précise Sœur Emmérentienne, responsable de la Communauté. « Qu’adviendra-t-il de ces pauvres innocents dans la futur ? »

Les Sœurs  restent constamment à l’écoute des cris de détresse des laisser pour compte à l’image de cette maman de sept enfants abandonnée par son mari et atteinte de paludisme sévère. Les enfants sont âgés de 2 mois à 11 ans. La Communauté assure l’existence des enfants et règle les frais d’hospitalisation et de guérison de la maman. Durant ma visite, une autre jeune maman démunie a frappé à la porte après avoir marché douze kilomètres à pieds avec son enfant d’un an, gravement handicapé par un « bec de lièvre ». Le nourrisson est incapable de profiter du lait maternel. Cet état de fait provoque de fortes douleurs à la poitrine de la maman. Il faut agir vite précise Sœur Emmérentienne, car cette situation peut provoquer un cancer des seins. A cette heure tout est réglé : la maman sera hospitalisée et le bébé opéré dès que possible.

En raison de la fête couronnant la béatification de Lucien Botovasoa du 14 au 17 avril prochain à Vohipeno, j’ai modifié mon planning de voyage afin de ne pas entraver l’engagement considérable des religieuses de l’évêché pour cette manifestation exceptionnelle. En quelques mots qui était Lucien Botovasoa, né en 1908 et mort martyr (on lui a tranché sa tête) en 1947 . Il a vécu toute sa vie de laïc marié, père de famille, instituteur catholique, engagé à tout donner aux autres, comme un vrai apôtre de la charité et de la foi. Il fut « le juste, l’homme de la vérité et de la simplicité du cœur » comme le disent encore les gens de Vohipeno.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, Geneviève me relayera comme « ange gardien » de quatre Communautés des Filles de la Charité dans la région de Vohipeno à savoir ; Tanjomoha, Lucien Botovasoa, Andemaka M. Immaculée et Andemaka foyer enfants handicapés. Bon vent et beaucoup de plaisir à toi Geneviève.

Je passe actuellement faire mes adieux au Père Emeric et à toutes les religieuses de ces quatre Centres dont j’ai eu un énorme plaisir à partager leur joie et leurs difficultés durant six ans.

François

manakara une maman et son bebe en attente du lait

manakara une maman et son bebe en attente du lait

manakara preparation du lait

manakara preparation du lait

manakara-soeur emmerentienne la maman et son bebe

manakara-soeur emmerentienne la maman et son bebe

Manakara un bec de lièvre bien prononcé

Manakara un bec de lièvre bien prononcé

tanjomoha-gestion exemplaire du lait par soeur beatrice

tanjomoha-gestion exemplaire du lait par soeur beatrice

tanjomoha-confection de bancs pour la béatification de L Botovasoa

tanjomoha-confection de bancs pour la béatification de L Botovasoa