Mananjary - des prisonniers tuberculeux

Mananjary – Soeur Gisèle au chevet des nourrissons malnutris et des prisonniers malades.

Le lait RES est toujours aussi apprécié ici à Mananjary, comme dans les autres Communautés bénéficiaires. MERCI. Les nourrissons chanceux bénéficiant de ce lait sont en bonne santé. Le souci avec quelques mamans éloignées du Centre, m’informe Sœur Gisèle, c’est d’attendre un mois avant qu’elles ne reviennent alors qu’elles avaient emporté du lait à domicile pour quinze jours. Le bébé régresse malheureusement durant  cette abstinence de lait.

Sœur Infirmière Gisèle se rend régulièrement à la prison de Mananjary pour soigner les prisonniers malades. J’ai l’opportunité de l’accompagner dans sa belle mission après avoir reçu le feu vert du Directeur de l’établissement. Actuellement, Sœur Gisèle soigne 120 détenus malades sur les 610 incarcérés. Beaucoup sont dénutris, affaiblis, 20 sont tuberculeux. Les détenus dorment sur le béton, plus de cent par petits dortoirs. Le manioc sec, sans accompagnement, est au menu chaque jour. Le local de stockage est vide, il reste pour un jour de distribution. Le gardien chef est inquiet, se gratte la tête en précisant qu’il faudra trouver une solution. Compte tenu de cette dégénération persistance des conditions de détention, particulièrement ici à Mananjary, La Croix Rouge Internationale, en collaboration avec l’Aumônerie catholique, intervient depuis peu dans 33 établissements pénitentiaires du pays en y apportant des vivres principalement.

L’Etat ne fait rien, précise Sœur Gisèle, tous les médicaments sont achetés par la Congrégation. La corruption rôde par là ; la durée des peines est proportionnelle à l’argent versé par les accusés, les récoltes des rizières publiques entretenues par les prisonniers se volatilisent un peu partout.

L’avance sur le programme de visite des Communautés me permet de bourlinguer sur le réputé et très visité canal des Panganales situé sur la côte sud-est de l’île. Cette voie de communication ouverte à la fin du 19ème siècle permettait de naviguer en toute tranquillité contrairement aux passages risqués sur les eaux tumultueuses de l’Océan Indien.

Amitié

François